mercredi 13 mars 2013

Des initiatives en TIC pour soutenir la langue et l’identité amazighes

Des initiatives en TIC pour soutenir la langue et l’identité amazighes
Clavier Amazigh
Clavier Amazigh sur Windows.

Changement de statut aidant la langue et la culture amazighe tentent ces dernières années de passer de l’oralité à l’écriture. Avec l’émergence des nouvelles technologies, la langue amazighe s’est adaptée en accédant au réseau Internet grâce à des efforts de scientifiques. Mais aussi les efforts d’anonymes soucieux de préservation de l’identité et qui utilisent les nouvelles technologies pour assurer la survie de la langue.


Avant la fin du siècle, sur les 7000 langues mondiales actuelles, 90 % d’entre elles seront éteintes, selon l’UNESCO. Le Berbère ou Tamazight, langue plusieurs fois millénaire, qui a été transmise exclusivement par l’oralité, fera peut-être partie de ces langues vouées à la disparition si rien n’est fait. Et la disparition de la langue amazighe et par conséquent de la culture véhiculée par cette langue serait une perte pour l’ensemble de l’Afrique du nord. Toute langue est menacée d’extinction quand elle perd de ses fonctions de communication dans la vie sociale. A l’ère de l’introduction des Technologies de l’information et de la communication (TIC), tamazight peut tirer le meilleur de la révolution numérique.
La  mondialisation "est autant une richesse qu’une menace pour l’amazighe, mais cette menace, si menace il y’a, reste vraie pour les autres langues aussi, exception faite pour la langue anglaise", explique Lahbib Zenkouar, Directeur du Centre des Etudes Informatiques, des Systèmes d'Information et de Communication (CEISIC) de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) du Maroc. L’apport des TIC en général et de l’Internet en particulier est indéniable pour la pérennisation de la langue et de l’identité amazighes. "Ces technologies de communication peuvent tisser beaucoup de valeurs du fait qu’elles permettent de véhiculer et la langue dans ses niveaux et la culture très riche", soutient pour sa part Yacine Zidane, enseignant universitaire, journaliste et chercheur dans le patrimoine. Pour cet universitaire algérien, cela va non seulement préserver la langue et la culture mais aussi les promouvoir. Et l’expérience est là, bien qu’elle soit insuffisante.
Des acquis, mais beaucoup reste à faire
Au niveau institutionnel, l’IRCAM a beaucoup fait pour Tamazight. Ses scientifiques ont travaillé à la réalisation et à la mise en œuvre de plusieurs normes fondamentales des technologies de l’information et de la communication. Ces normes, et principalement celle du codage, permettront sa reconnaissance, son traitement et son exploitation par les outils informatiques. Les travaux de cette équipe de linguistes et d’informaticiens de l’IRCAM ont été derrière l’adoption du codage du tifinagh par l’Organisation internationale de normalisation (ISO). Cette reconnaissance de "ISO-Unicode" de l’alphabet amazigh, a inauguré l’entrée de la langue amazighe dans les nouvelles technologies. "L’écriture berbère accède ainsi à tous les outils offerts sous le réseau international Internet et en particulier à la publication assistée par ordinateur", explique Lahbib Zenkouar. Cela a permis au géant de Microsoft en 2012 d’introduire tamazight dans Windows 8. L’IRCAM dispose d’une plate-forme de e-learning "école amazighe" facile d’accès, contrairement au site du Haut-commissariat à l’amazighité en Algérie. Tamazight tente de survivre grâce à des initiatives privées. Des citoyens ont trouvé dans les nouvelles technologies un moyen de redonner vie à leur langue, culture et identité amazighes. La toile regorge surtout de portails d’informations couvrant l’actualité amazighe dans la langue française et amazighe. Des plateformes d’apprentissage de langue amazighe existent aussi par la seule volonté individuelle.
Florilèges d’initiatives privées
C’est le cas du site "Apprendre le Kabyle", lancé par un jeune de 33 ans, Mohamed Amari, vivant en France depuis l’âge de 14 ans et ayant vécu sa petite jeunesse en Kabylie, dans le petit village d’Ait Idir.  Créé en 2008, "avec beaucoup de nuits blanches à rédiger mes cours", ce site est rapidement très populaire. Il compte actuellement plus de 6,5 millions de visiteurs, soit plus de 1 million de visites par an. Plus de 5300 membres inscrits. Pour créer son site, financé par ses propres moyens, Mohamed a du faire une formation de webmaster et consolider ses connaissances linguistique en Tamazight. "Pour moi Internet est un outil formidable pour promouvoir et préserver notre culture. C’est une chance pour nous, berbères, d’avoir un outil aussi puissant et libre entre les mains. Je souhaite voir fleurir des centaines de sites comme le mien sur le web afin que le monde entier sache qu’on existe".
Mustapha Ait-Oufkir, ingénieur en informatique, formé au Canada et disposant de 10 ans d’expérience en informatique et notamment dans le Telecom, originaire de la région d'Agadir (Maroc) a conçu une application gratuite en tifinagh développée sous Android et iPhone. "J'ai monté ASoftKorp dont le but au départ était de faire une application en Tifinagh pour notamment développer l'image et l'apprentissage sur les smartphones et tablettes", explique-t-il. Mustapha pense développer, avec son équipe, une application éducative pour les enfants avec des supports multimédias. Abdessamad Idrissi, un autre Marocain originaire de Kelaa M'gouna (Sud), qui réside à Berlin, militant du Mouvement culturel amazigh, a créé un dictionnaire participatif en Tamazight. "En août 2011, j'ai lancé le site "Amawal" pour le public en Open Source. Même si je ne suis pas spécialiste de la langue, j'ai fait beaucoup de recherches pour surpasser les problèmes liés au manque de standardisation. Après quelque temps les gens commencent à s'inscrire et ajouter des nouveaux mots", affirme-t-il. L’idée de concevoir ce site est venue, pour ce professionnel de l’audiovisuel, pour apprendre le berbère à sa femme allemande. Actuellement, le site compte plus de 3000 mots et 192 utilisateurs enregistrés et actifs.

Rassemblement pacifique du 10 Mars à Tizi Wezzu Un acte fasciste d’un pouvoir criminel Mourad Itim pour Tamurt.info



Rassemblement pacifique du 10 Mars à Tizi Wezzu

Un acte fasciste d’un pouvoir criminel

Mourad Itim pour Tamurt.info
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la coordination du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie d’Amérique du Nord, dénonce avec vigueur "l’acte fasciste d’un pouvoir criminel" à l’encontre des militants du MAK arrêtés dimanche dernier.
13/03/2013 - 17:55 mis a jour le 13/03/2013 - 18:30 parMourad Itim
Nous, militants du MAK d’Amérique du Nord, sommes révoltés par l’agression opérée par la police coloniale algérienne contre la Kabylie dont sont victimes particulièrement le président du MAK, Bouaziz Ait-Chebib, et quatorze de ses compagnons qui ont organisé dans la matinée du dimanche 10 mars un rassemblement pacifique à Tizi-Ouzou afin de dénoncer la restriction des libertés démocratiques et marcher notamment en faveur de l’autodétermination du peuple kabyle.
Nous dénonçons avec vigueur cet acte fasciste d’un pouvoir criminel contre nos frères de combat et tenons à les assurer de notre soutien indéfectible.
La diaspora kabyle d’Amérique du Nord suit de très près la situation. En effet, lors d’un événement populaire qui a eu lieu au Théâtre Plaza de Montréal, lundi 11 mars dernier, nous avons, via M. Rachid Bandou, représentant de l’association Amitié Québec-Kabylie et ex-candidat aux dernières élections provinciales, dénoncé vigoureusement ces exactions devant plusieurs médias et représentants de la société civile et avons obtenu le soutien inconditionnel de ces derniers qui luttent pour l’indépendance du Québec. D’autres actions d’envergure sont prévues prochainement afin de dévoiler à la communauté internationale la nature colonialiste de l’État algérien.
Par ailleurs, nous saluons le courage de ces militants arrêtés qui, pour être identifiés, ont montré aux policiers leur pièce d’identité kabyle à la place de la carte d’identité algérienne. C’est un geste révolutionnaire qui en appellera d’autres. C’est la désobéissance civique qui est en train de naître, c’est le peuple kabyle qui va dans le sens de sa libération.
Le grand philosophe allemand, Arthur Schopenhauer, disait une phrase qui sonne comme une prophétie : « Toute vérité franchit trois étapes : d’abord elle est ridiculisée ; ensuite, elle subit une forte opposition ; puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »
L’idéal pour lequel ces militants ont été arrêtés est la vérité, la liberté du peuple kabyle à disposer de lui-même. Après être passée par les deux premières étapes, cette dernière devient à présent une évidence. Bientôt, elle triomphera.
Vive le MAK ! Vive le GPK !
Vive la Kabylie libre et à bas la dictature algérienne !
Mourad Itim
Coordonateur du MAK en Amérique du Nord

Désenclavement économique de la Basse Kabylie : manifeste de la société civile


Désenclavement économique de la Basse Kabylie : manifeste de la société civile

mar, 2013-03-12 21:35 -- Stéphane Arrami
Les  acteurs de la société civile de la wilaya de Bejaia, soucieux du devenir de leur région mutualisent leur force pour mettre en œuvre une action de plaidoirie  pour le démarrage immédiat et effectif des travaux de réalisation de la pénétrante dont souffre toute une population et toute une économie pour laisser place à la violence et au mépris.

Plaidoyer pour le démarrage immédiat et effectif des travaux de réalisation de la pénétrante.

Bejaia souffre. Sa population est suppliciée, noyée dans la colère, le dépit et le désespoir. Le sentiment collectif de marasme ambiant est omniprésent. Son économie, qui détermine le bien-être de sa population, étouffe de jour en jour. Les pertes quotidiennes occasionnées aux agents économiques tant publics que privés sont énormes. Quelques entreprises privées ont déjà délocalisé leurs usines, d’autres pensent à le faire.

Le Port de Bejaia, deuxième au niveau national en termes de compétitivité, est étranglé. Aéroport, zones industrielles, sites touristiques, secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur sont sanctionnés par l’état catastrophique des routes.

Il faut cinq longues heures pour faire le trajet de 90 km séparant Bejaia de Tazmalt, si bien qu’en été, les habitants d’Akbou, de Boudjelli, d’Ighil Ali et autres villes et villages limitrophes se trouvent contraints de partir vers Zemmouri dans la wilaya de Boumerdes, traverser deux wilayas, que de se rendre vers la station balnéaire de Tichy où les magnifiques plages de Boulimat
ou de Saket.

En conséquence, c’est tout le développement socio-économique et culturel de notre wilaya qui est mis en péril.

Pourquoi ?

La pénétrante qui est censé relier Bejaia à l’autoroute Est-Ouest pour l’insérer dans le projet national de relance économique décidé par les hautes autorités du pays, reste un rêve qui tarde à se réaliser ! Des années de paroles, de promesses, de tergiversations, et au final, toujours rien. D’étude en étude, de déclaration en déclaration, le projet est sans cesse remis aux calandres grecques.

La population est à bout. Dans les discussions, des questionnements reviennent sans arrêt :

– Pourquoi les travaux de la réalisation de la pénétrante ne démarrent-ils pas encore ? A qui profite cette situation ?

Nous voulons savoir ! Nous exigeons des réponses. Il y va de notre quotidien et de l’avenir de nos enfants ! Il y va aussi de la stabilité de la nation qui est menacée par ces frustrations exaspérées par les marginalisations que provoquent les déséquilibres régionaux.

Conscients de notre rôle, nous, acteurs de la société civile, sommes décidés à prendre en main notre destin, à nous impliquer dans la gestion de notre quotidien, pacifiquement, avec intelligence et maturité.

Dans notre démarche, nous voulons favoriser la médiation, la concertation et le dialogue, mais aussi et surtout la solidarité et la conjugaison des efforts de toutes et de tous autour d’actions précises, claires pour réaliser cet objectif.

Notre but, au-delà de cette action, est la participation à l’émergence d’une citoyenneté agissante qui soit le soubassement à une vie démocratique à même de sécuriser le pays et de permettre à la population de vivre dans le progrès et le bonheur.

Dans cette perspective, nous disons halte à toute pression qui s’exerce sur la société et qui la pousse, à travers des actions anarchiques et parfois violentes, à s’autodétruire et à s’enfoncer dans la crise.

En effet, à la saturation des routes, les fermetures fréquentes de celles-ci, à cause de problèmes qui se règlent comme par magie après ces actions, aggravent une situation déjà très critique.

Nous rappelons, à ce sujet, que si l’anticipation sur les conflits est la condition première de la bonne gouvernance, l’engagement à servir la population est le devoir de tout responsable institutionnel.

Consciente de l’intérêt durable que représente cette pénétrante, la population de notre wilaya est dans l’attente du coup d’envoi des travaux.

Aussi, et afin d’éviter toute opposition, les autorités publiques se doivent de rassurer ceux qui seront touchés par les expropriations quant à leurs indemnisations dans les délais.

A cet effet, nous invitons les sénateurs, l’administration de la wilaya, les députés, les élus APW et APC, les acteurs économiques, les associations citoyennes actives, les personnalités soucieuses de l’avenir de notre wilaya et de notre pays à s’impliquer dans le plaidoyer pour le démarrage immédiat et effectif des travaux de réalisation de la pénétrante.

Premiers signataires

Association RAHMA – Bejaia ( Khima Lyazid)
Café Littéraire de Bejaia (Kader Sadji)
Association Tourisme de DJEBLA-Bejaia (Ahmed Farid)
Association scientifique « EL FNAR » El Kseur (Dib Nadir)
Association Tichy la Verte – Tichy
Association SECTA – Amizour (Mammeri Samir)
Association AZZETTA –Boudjellil (Menasria Malek)
Association TUDERT – Fethoune (Ait Slimane Aziz)
Association MED-ACTION – Akbou (Smaili Houcine)
Association ESPOIR Handicape – Akbou (Issediken Kamal)
Association des Diabétiques – Akbou (Abarour M’barek)
Association Dialogue et Action- Akbou (Alloul Mokrane)
Association Syndicat des Transporteurs de la Wilaya de Bejaia (Bouchrit Kader)
Union de Wilayade Bejaia ( Aziz Hamlaoui)

Association Etoile Culturelle d’Akbou (Salhi Mouloud)
Association Ecologique EL ARDH – Bejaia ( Khima A/Krim)
Ligue Scientifique de Bejaia ( Mokhtari Abdellah)
Association IDLES – Ighzer Amokrane (Bakhouche Arezki)
Association HORIZON Ighzer Amokrane (Tabet Kamal)
Ligue Algérienne de la Défense des Droits de l’Homme – (Salhi Said)
Ligue des Sports Mécaniques-Bejaia (Bouktit Dalila)
Centre de Documentation des Droits de l’Homme-Bejaia (Boumedjane Houcine)
Organisation Nationale des Enfants de Chouhadas – Akbou( Iratene Nacer)
Association des Consommateurs de Bejaia (Adjilia Yani)
Association NASS EL KHEIR – Bejaia (Dahmane)
Association H’bab de Bejaia (Samir Mokrane)
Culturelle et touristique « BAGA » (Zaidi Farouk)
Association des Enfants Victimes de Séparation Conjugale « IKHOULAF » (Zaidi
Yazid)
Association Culturelle Rahmani Slimane – Aokas ( Senoune Redha)
Association Culturelle « TIDUKLA » Aokas – (Djabri Brahim)
Association Résidence LOTA « les citroniers »- Bejaia ( Rabahi AbdelMalek)
Association des Activités de Jeunes »Fatima Ramtani » Bejaia ( Boukhezar Malek)
Association de quartier Rachid Bouzrar et M’hamed Amokrane ( Haroudj Jamal)
Fondation des Sciences et Cultures – Bejaia ( Yahi Nassim)
Tazaghart Brahim (Ecrivain et Auteur)
Saadi Lahlou (Elu commune d’Akbou)
Hassani M’hamed (Ecrivain et Auteur)
Zirem Khaled (informaticien et webmaster)
Ouchichi Mourad (Docteur en science politique, de Bejaia)