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samedi 8 février 2014

Vidéo : le meurtre d'un jeune Berbère à Ghardaïa ravive les tensions | Les Observateurs de FRANCE 24



Vidéo : le meurtre d'un jeune Berbère à Ghardaïa ravive les tensions

Capture d'écran de la vidéo du meurtre.
 
Après une dizaine de jours d’accalmie, les violences entre les communautés arabes et berbères reprennent à Ghardaïa, à 600 km au sud d’Alger. Dernière tragédie en date, le meurtre d’un jeune Berbère, dont les images ont été postées sur Internet.
 
Sur cette vidéo, des jeunes, la plupart cagoulés, traînent un homme de force. À plusieurs moments (0’45, 1’05, 4’37), l’un d'eux frappe la victime avec un objet pointu.
 
 
Le jeune Berbère, Azzedine Babaousmaïl, décèdera quelques heures plus tard à l’hôpital Brahim Tirichine de Gharadaïa. Sa mort survient dans un contexte plus que jamais tendu dans cette ville du sud algérien, malgré la présence de 3 000 gendarmes dans la région. En effet, depuis mardi soir, les violences entre les deux communautés ont repris, après qu’un bus transportant des passagers arabes a été caillassé par des inconnus. Une cinquantaine d’habitations des deux communautés ont également été brûlées.
 
Bien que les altercations soient fréquentes entre ces deux groupes, les arabes sunnites malékites d’un côté et les Berbères musulmans ibadites de l’autre, cet incident traduit une aggravation de la situation pour notre Observateur, qui s’interroge sur l’identité des fauteurs de trouble.
 
Interrogé sur les violences de Ghardaïa, le ministre de l’Intérieur Taïeb Belaïz a affirmé que le nombre de gendarmes serait "multiplié par trois, voire par quatre, pour restaurer définitivement l’ordre et le calme".
CONTRIBUTEURS

"Les autorités n’ont même pas réagi à cette vidéo"

Abderrahmane Semmar est membre du collectif d’activistes les Envoyés Spéciaux. Il est en contact avec des activistes sur place.
 
Les témoignages et les vidéos que nous recueillons montrent que ces violences sont le fait d’un groupe de voyous de la région. Nous ne savons pas encore qui sont ces jeunes et quelles sont leurs motivations, mais il est évident qu’ils tentent de semer la discorde entre les deux communautés.
 
Le premier responsable de cette situation est selon moi l’État. Il y a eu plus de sept morts depuis le début des violences fin 2013, pourtant, aucune peine de prison ferme n’a été prononcée. À chaque fois, on arrête momentanément des jeunes, pour des motifs secondaires comme ‘attroupement illégal', puis on les relâche au bout de quelques jours ou de quelques semaines. De même, depuis le meurtre de mercredi, il n’y a eu aucune arrestation. Pourtant on voit clairement le visage de certains bandits sur la vidéo ! Pourquoi le gouvernement ne fait-il rien pour mettre fin à ces violences ?
 
Nous atteignons un niveau de haine et de violence sans précédent. Qu’un tel meurtre ait lieu sans provoquer de réaction de la part des autorités est bien le signe de l’abandon de la région par l’État central.

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