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jeudi 20 mars 2014

Maatkas's Blog

Ali Khadaoui raconte son arrestation




jeu, 03/20/2014 – 14:09



Ali Khadaoui raconte son arrestation





Les faits comme je les ai vécus le 19 mars 2014


Je me rends à la Municipalité de Khénifra en compagnie de deux amis pour affaire nous concernant.


Au moment où jecherchais où
garer ma voiture-le parking municipal étant occupé par une foire depuis
une semaine et tout le monde stationne devant l’entrée de la
Municipalité de façon exceptionnelle-un homme en civile s’avança vers
moi et me cria : « tu ne vois pas que c’est interdit de stationner ici ?
» Je lui demandai qui il était, il m’annonça qu’il était le Pacha de la
ville. « Enchanté répondis-je. Regardez Monsieur le Pacha, il n y a pas
plus de place où me garer en dehors d’ici ».


Il me répondit en criant : « Ce
n’est pas mon affaire, vous les gens de cette région vous êtes des «
anarchistes, foudawiyyine en arabe ».


Je me tournai vers mes deux
amis pour leur dire en tamazight : « pourtant, vous avez vu que tout le
monde stationne ici depuis une semaine ! » A ces mots, Monsieur le Pacha
fut hors de lui, il me menaça de porter plainte pour outrage à
fonctionnaire, alors que nous étions sur la voie publique, qu’il était
en tenue civile et ne me présenta aucune preuve de sa qualité de Pacha
de la ville.


Je m’apprêtais à déplacer ma
voiture pour mettre fin à cette situation, mais Monsieur le Pacha appela
un mokhazni et lui ordonna d’empêcher la voiture de quitter les lieux.
Il appela ensuite la police de la circulation qui arriva et établit un
PV pourstationnement interdit..


L’affaire aurait pu en rester
là même si cette contravention, dans les circonstances pré-citées, avait
déjà un goût d’abus de pouvoir.


Au moment où j’allais recevoir
les papiers de la voiture après la contravention, une autre voiture de
police arrive sur les lieux, un policier en tenue en descend et me
demanda de l’accompagner au commissariat. Je demandai pour quelmotif, et
le policier me répondit « j’exécute les ordres de mes supérieurs ». Il
monta dans ma voiture sans ma permission, et, en compagnie des deux
témoins, et devant la foule qui commençait à s’amasser, nous nous
dirigeâmes vers le troisième arrondissement.


Là, on me fit attendre sans que
personne ne me donne d’explication. Le Commissaire arrive enfin et on
me fit entrer dans son bureau. Alors commence une sorte d’interrogatoire
qui n’en était pas un car à ma question : « pour quel motif suis-je ici
? » la réponse est laconique, mais on me fit comprendre que c’est par
demande ou ordre du Pacha de la ville. Après presque une heure, on me
relâcha sansexplication aucune.


Khénifra et sa région ne
font-elles pas parties du Maroc du nouveau concept de l’autorité
enclenché depuis quelques années ? Sont-elles exclues de l’Etat de droit
et du citoyen ?


Parler tamazight avec des
citoyens amazigh devant un agent d’autorité constitue-il un outrage à
fonctionnaire même après la reconnaissance officielle de la langue
amazighe comme langue officielle ?Autant de questions qui viennent à
l’esprit de tout un chacun devant un tel abus de pouvoir, contre un
citoyen de soixante ans, retraité et pacifique. Autant de questions qui
se posent à tous les responsables et à tous les niveaux de décision dans
cette ville maudite, dans ce pays.


NB :J’apprends par la suite que
ce Pacha n’est autre que le neveu d’un autre Pacha de sinistre mémoire à
Khénifra, qui avait, il y a de cela quelques dizaines d’années, rasé le
crâne de deux femmes pour des raisons obscurs. Ce qui pose d’autres
questions de même nature que les premières.

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