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samedi 26 avril 2014

« C’est grâce aux Kabyles que l’Algérie est libre aujourdhui » | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Conférence de lyazid Abid à Lausanne sur le 2O avril 1980 :
« En plus de ces principes qui fondent un État, à savoir, une population, un territoire et un gouvernement, nous avons aussi une histoire commune et une communauté de destin. La République kabyle sera démocratique et laïque. La Suisse, à qui la Kabylie ressemble beaucoup par son organisation politique traditionnelle, reconnaîtra certainement en elle, un partenaire fiable et durable, du coté sud de la méditerranée. Le Gouvernement provisoire kabyle (Anavad) appelle les organisations de défense des Droits de l’Homme et des peuples, très présentes, ici en Suisse, à venir en aide au peuple kabyle pour qu’il arrive à obtenir son droit à l’autodétermination », martela le numéro deux du GPK.
26/04/2014 - 22:19 mis a jour le 26/04/2014 - 22:19 par Saïd F.
Après johannesburg , le vice président de l’anavad, Lyazid abid s’est rendu en suisse, à Lausanne, samedi soir pour animer une conférence sur le 2O avril 1980, à l’invitation de l’association des Kabyles Suisses. L’orateur a entamé son intervention par la dénonciation de la répression du régime d’Alger de la manifestation de la marche du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) à Tizi Wezzu, le 20 avril dernier. « D’un coté le pouvoir algérien reconduit pour un 4e mandat un président mort-vivant avec un score à la Brejnev, d’un autre coté, il réprime violemment les marches pacifistes du 20 avril (printemps amazigh) en Kabylie et fait grave, il précède cette répression de la Kabylie, le jour de la marche du 20 avril, par un acte “ terroriste“ le 19 avril : des dizaines de militaires sont assassinés en haute Kabylie par des terroristes islamistes », rappelera Lyazid Abid devant une assistance nombreuse.
Par la suite le représentant de l’Anavad est revenu en détail sur l’histoire du printemps berbère. « le 2O avril est un repère incontournable dans l’histoire de la Kabylie. Tout a commencé, le 10 mars 1980, lorsque le pouvoir algérien interdit à l’illustre écrivain et anthropologue kabyle, Mouloud Mammeri, d’animer une conférence à l’université de Tizi Ouzou sur “La poésie kabyle ancienne“. Parler de la poésie kabyle et évoquer la force de la culture kabyle et amazighe avaient suffi pour ébranler les fondements de la nation algérienne. Cette “dangereuse“ conférence devait être interdite par tous les moyens. Quelques semaines plus tard, le 20 avril, toute la Kabylie se retrouva dans la rue pour revendiquer le respect de la culture kabyle et la démocratie pour toute l’Algérie. Depuis, chaque 20 avril, les Kabyles rappellent au pouvoir algérien par des marches pacifiques qu’ils ne renoncent pas à leur identité et à leur liberté », expliqua abid .
il est revenu sur une autre période douloureuse que le kabyle ont vécu au début des années 2OOO, une façon pour le responsable de l’Anavad de revenir sur la décision des militants de la cause amazighe de venir sur l’option de l’autonomie de la kabylie, puis son indépendance.
« Le 20 avril 2001, le pouvoir algérien a commis l’irréparable. 128 jeunes manifestants ont été tués par les forces de gendarmerie et de police algériennes, qui ont utilisé des tirs à balles réelles. Un ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères (A. Belkhadem), qui deviendra par la suite chef du Gouvernement, proposa, en plein conseil des ministres, un bombardement de la Kabylie. A ces massacres de jeunes kabyles et à ces appels au génocide, les Kabyles non compromis avec l’Etat algérien créèrent le Mouvement pour l’Autonomie pour la Kabylie qui deviendra en décembre 2013 le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie. Le MAK exige un Référendum sur l’autodétermination de la Kabylie », déclara le vice président de l’Anavad.
En rappelant comment la kabylie a perdu son indépendance en 1887, suite à l’invasion française, les massacres commis par Benbella à l’aube de la libération du peuple kabyle de l’Algérie, Lyazid Abid insista sur le fait que « 50 ans après l’indépendance, les même réflexes refont surface. La Kabylie est géographiquement inexistante et la reconnaissance de son identité n’est reconnue que pour mieux l’étouffer. Bien que meurtrie, stigmatisée et isolée, elle retrouve les ressorts qui forgent son identité millénaire et aspire aujourd’hui à sa liberté par l’organisation d’un référendum d’Autodétermination ».
Et d’ajouter, « Si nos vieilles femmes regrettaient l’indépendance déjà en 1963, après avoir assisté aux exactions perpétrées par l’armée algérienne sous le commandement du colonel Houari Boumediene, futur président, dont le comportement envers la Kabylie était comparable à celui de l’armée coloniale française. "Si le colonialisme revenait, on lui contera les affres de l’indépendance", disaient-elles, la jeunesse kabyle d’aujourd’hui, témoin du printemps amazigh de 80, acteur du boycott scolaire de 1994, de l’assassinat du chanteur Lounes Matoub en 1998 et du printemps noir de 2001, préfère prendre son destin en main et prendre à témoin l’opinion internationale quant à la légitimité de ses revendication ». Des phrases lourdes de sens et qui reflètent aussi effectivement la réalité de terrain que tous les kabyles doivent prendre en compte.
L’infatigable Lyazid Abid, afin étayer ses dires, a procédé à l’énumération de plusieurs régions qui ont opté pour l’indépendance et à l’autonomie. « A l’image des Catalans, des Écossais et des Flamands, les Kabyles aspirent à leur souveraineté par des processus politiques démocratiques reconnus par l’ONU », tout en indiquant que « la charte des Nations Unies souligne l’importance de cette démarche dans ses textes. Cette légitimité est d’abord affirmée par l’article 1 de la charte des Nations Unies qui consacre le principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, les peuples déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel ».
Dans un discours détaillé et basé sur des exemples concrets, Lyazid Abid est allé plus loin dans son intervention en évoquant plusieurs événements politiques initiés par le régime raciste d’Alger afin d’effacer toute entité et spécificité kabyle.
« En plus de ces principes qui fondent un État, à savoir, une population, un territoire et un gouvernement, nous avons aussi une histoire commune et une communauté de destin. La République kabyle sera démocratique et laïque. La Suisse, à qui la Kabylie ressemble beaucoup par son organisation politique traditionnelle, reconnaîtra certainement en elle, un partenaire fiable et durable, du coté sud de la méditerranée. Le Gouvernement provisoire kabyle (Anavad) appelle les organisations de défense des Droits de l’Homme et des peuples, très présentes, ici en Suisse, à venir en aide au peuple kabyle pour qu’il arrive à obtenir son droit à l’autodétermination », martela le numéro deux du GPK.
Les membres de l’Association des Suisse Kabyle, ASK, a projeté à cette occasion un film documentaire sur la répression des policiers du régime Algérien le 20 avril dernier. Notons que en plus des kabyles, des Suisses ont assisté à l’intervention.
Saïd F.

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