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mardi 20 mai 2014

Lettre à des amis Norvégiens Contribution de Muh TAHECCAT, Conseiller du Président du MAK

Lettre à des amis Norvégiens

Contribution de Muh TAHECCAT, Conseiller du Président du MAK
Le premier malentendu entre l’Algérie et la Kabylie eut lieu en 1949 lors de la crise dite berbériste où les algériens s’opposèrent dans le sang à l’Algérie algérienne (option défendue par les Kabyles du mouvement national algérien qui se résume a ceci : Berbère, Juifs ou Arabes ce sont tous des algériens et devront lutter ensemble pour l’indépendance nationale dans la diversité en respectant de la spécificité de chaque groupe humain). La rupture est faite en 1963 , au lendemain de la décolonisation ou plus de 400 kabyles furent assassinés par l’armée algérienne. _CS_SANS_GLOSSAIRE
20/05/2014 - 10:50 mis a jour le 20/05/2014 - 10:56 par Muh Taheccat, Cadre du MAK
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Mon grand ami Kaci Hamadi m’a fait partager des commentaires sur facebook où vous avez exprimé votre volonté et votre désir de venir en aide à la cause Kabyle. J aurais aimé vous faire partager le sentiment de bonheur et de fierté qui m’a envahi et qui m’envahit encore.
Bonheur ! Nous les kabyles sommes victimes d’une répression féroce et d’un ostracisme indescriptible. Le pouvoir islamo-arabe algérien entreprend depuis la décolonisation une véritable politique d’épuration identitaire à l’encontre du peuple kabyle. Grâce au chantage énergétique et à la corruption des élites aussi bien locales qu’internationales il a su instaurer une véritable omerta autour de la cause kabyle.
Fierté ! Voilà qu’un peuple, première démocratie du monde, exprime le désir et la volonté d’aider et de soutenir la question kabyle.
Mes chers amis, laissez moi, en quelques mots, vous expliquer la question kabyle.
La question Kabyle se résume à cette volonté de notre peuple à être libre par ce qu’il se sent en possession d’un génie propre qui se manifeste sous forme d’une société et d’une civilisation. Nous possédons notre propre culture, nos propres sciences et des arts distincts du reste de l’Algérie.
Ethniquement, les Kabyles sont des Amazigh –des berbères- peuple autochtone de l’Afrique du Nord. La Berberie ou Tamazgha, le territoire historique des Amazigh, s’étend des Oasis de Siwa en Egypte jusqu’aux Iles Canarie dans l’atlantique, de la mer méditerranée jusqu’au nord du Mali. Cette région a connu depuis l’antiquité de multitudes d’envahisseurs, des Phéniciens jusqu’aux Européens notamment les Français. Mais de tous les occupants qu’eut à connaître cette contrée, l’invasion arabe est celle qui va changer pour longtemps et irrémédiablement le destin de cette région.
La Kabylie sera toujours irrédentiste. Elle aura toujours son histoire propre au sein de l’ensemble Nord-Africain. Même si parfois elle est soumise nominalement à un occupant, elle ne se soumet jamais pour autant aux exigences de son administration. C’est la France qui mit fin à l’indépendance de la Kabylie en 1857 et finit par la soumettre définitivement en 1871 au lendemain de la défaite de la révolte généralisée des Kabyles.
A partir de cette date, les Kabyles seront considérés comme Musulmans et l’administration française ne fera plus de distinction, sauf dans de rares exceptions, entre arabe et kabyle. Et par la force des choses, l’islam, deviendra le facteur commun des deux peuples. Ce qui donnera naissance par la suite à un pacte tacite entre ces deux peuples pour « bouter » les français hors de l’Afrique du Nord. Ce sont les Kabyles qui furent la cheville ouvrière du nationalisme séparatiste nord africain. Messali que la propagande officielle présente comme le père du nationalisme algérien n’est en vérité qu’une recrue des kabyles pour séduire les arabes algériens afin de lutter ensemble pour l’indépendance. Après sa rencontre avec l’Emir Chekib Arselan chantre de l’idéologie panarabe, MESSALI deviendra l’ennemi mortel des Kabyles. L’idéologie panarabe sera l’idéologie de tous les arabes algériens depuis cette époque à nos jours.
Cette idéologie se résume ainsi : Les Arabes constituent une seule nation qui s’étend du Golf Persique à l’Est jusqu’à l’Océan Atlantique à l’Ouest. A un moment de leur histoire et à cause de coups successifs de puissances étrangères ennemies, ils perdirent leur cohésion. Aujourd’hui le devoir de chaque arabe est d’œuvrer pour la renaissance de la gloire passée en éliminant toute entité pouvant constituer un frein ou pouvant aller à l’encontre de la résurrection de la mythique nation arabe.. Les Kabyles par leur existence même en tant que peuple parlant une langue autre que l’Arabe et se réclamant d’autres ancêtres que les leurs, représentent à coup sûr un danger pour la résurgence de la nation arabe. Il faut donc les combattre ou les dissoudre dans la future Grande Nation. En attendant, on leur dénie la qualité d’être Algériens, pour les Ulémas, arabistes virulents et chauvins, « les Kabyles ne seront algériens que lors qu’ils cesseront de chuchoter ce jargon qui écorche les oreilles ».
Le premier malentendu entre l’Algérie et la Kabylie eut lieu en 1949 lors de la crise dite berbériste où les algériens s’opposèrent dans le sang à l’Algérie algérienne (option défendue par les Kabyles du mouvement national algérien qui se résume a ceci : Berbère, Juifs ou Arabes ce sont tous des algériens et devront lutter ensemble pour l’indépendance nationale dans la diversité en respectant de la spécificité de chaque groupe humain). La rupture est faite en 1963 , au lendemain de la décolonisation ou plus de 400 kabyles furent assassinés par l’armée algérienne.
Depuis l’indépendance, nous les kabyles, nous avons été à l’avant grade de toutes les luttes émancipatrices en Algérie. Nous avons lutté pour les droits de l’homme, l’égalité des sexes, la liberté de croyance et le pluralisme linguistique… La réponse du pouvoir algérien a toujours été violente envers nous. Pire encore, nous n’avons jamais eu le soutien et même la sympathie des autres algériens. Ces derniers, nous ont toujours considérés comme des citoyens entièrement à part. Cela nous l’avons vérifié à nos dépend lors de ce que nous appelons le printemps noir de 2001. Pus de 127 jeunes Kabyles furent assassinés par les forces armées Algériennes. Selon un rapport officiel, toutes les victimes furent assassinées par des balles explosives, les tireurs ont visé la tête ou la cage thoracique donc selon ce même rapport les tireurs ont visé pour tuer et non pour maintenir l’ordre comme d’aucun essaye de faire croire. Les algériens toujours enclins à soutenir la cause palestinienne ou autre cause arabe, n’ont montré aucun soutien pour nous les Kabyles.
Les Kabyles, las de l’atonie des citoyens algériens et surtout de la violence répétitive du gouvernement algérien, décident de prendre leur destin en main. Le 05 juin 2001, le Mouvement Pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) est né. Il revendiquera un statut de large autonomie pour la Kabylie. Apres plus d’une dizaine d’années d’existence ponctuée par des actions pacifiques pour amener le gouvernement algérien à négocier avec les Kabyles les termes de ce projet, nous optons alors pour l’internationalisation de la question kabyle. En 2010, le Gouvernement Provisoire Kabyle, présidé par Ferhat MEHENNI, voit le jour en exil. En 2011 le congrès du MAK opte pour la revendication de l’autodétermination de la Kabylie.
Mes chers amis, voici succinctement, notre histoire et nos espérances. La question Kabyle est, pour résumer, incarne la volonté d’un peuple, plusieurs fois millénaire, à recouvrer sa liberté et sa dignité.
Il est important pour nous que le peuple norvégien s’intéresse à nos souffrances. L’expérience nous a montré que ce peuple de paix et de liberté a toujours su venir en aide à tous les citoyens du Monde en détresse. Nous osons espérer que la main que vous voulez nous tendre est celle qui nous mènera vers le chemin de la liberté. Signe de bonne augure, c’est en ce 17 mai bicentenaire de votre constitution que je rédige ces quelques ligne maladroite mais sincères.
Muh TAHECCAT
Conseiller du Président du MAK

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