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mercredi 8 octobre 2014

Algérie FocusEn pleine incertitude politique, tous les officiers du DRS appelés à rejoindre en urgence leurs postes - Algérie Focus



Alors que tous les regards en Algérie sont braqués sur le palais d’El-Mouradia, duquel ne filtre aucune information sur l’absence prolongée du Président Abdelaziz Bouteflika, les institutions sécuritaires sortent de leur léthargie et multiplient les mesures pour parer à “des menaces  de déstabilisation”. 
Une fois n’est pas coutume, le très secret DRS, le service de renseignement algérien, vient d’ordonner à tous ses officiers qui étaient en congé ou en repos de rejoindre en urgence leurs postes au niveau de leurs divisions respectives, a-t-on appris mercredi d’une source sécuritaire. Selon notre source, bien qu’aucune alerte n’ait été déclenchée et qu’aucun télégramme n’ait été diffusé par le DRS, les officiers en congé ont été appelés les uns après les autres par téléphone pour leur faire part de ces nouvelles instructions.
Des instructions qui interviennent dans un contexte politique tendu, alors qu’Abdelaziz Bouteflika est porté disparu et que le sommet du pouvoir semble paralysé. Certes, quelques décisions ont été adoptées, des décrets publiés, mais la vie politique algérienne semble bel et bien à l’arrêt. Face à la menace terroriste qu’incarne la filiale algérienne de Daech, aucun acteur politique ou gouvernemental n’a expliqué aux Algériens ce que l’État compte faire pour empêcher que le scénario de la décapitation de l’otage français Hervé ne se reproduise. Officiellement, les opérations de ratissage de l’armée algérienne n’ont pas encore neutralisé ce groupe qui ne serait composé que d’une dizaine d’éléments. En revanche, l’armée algérienne, contrairement à ses habitudes, ne cesse de communiquer sur ses activités et multiplie les communiqués pour informer l’opinion publique. Elle fait part de toutes les arrestations de “criminels” et des saisies de marchandises illicites au niveau de nos frontières avec le Niger et le Mali. Une façon de rassurer une opinion publique bouleversée par la violence inouïe des partisans de Daech en Algérie ou une manœuvre pour colmater des brèches ?
À chacun sa lecture. Mais certains observateurs n’hésitent pas à lier cette forte activité de l’institution militaire et des autres appareils sécuritaires au contexte politique marqué par l’absence du chef de l’État ou du moins sa discrétion politique. Une absence dénoncée par une opposition qui tente de se structurer afin de réclamer des mesures contre cette “vacance au sommet du pouvoir”. La rue s’interroge aussi sur l’avenir de son pays à l’heure où l’Algérie ressemble à un navire sans capitaine.
Face à ces voix qui s’élèvent, à Alger, la capitale, nous avons constaté un nouveau dispositif sécuritaire. Depuis quelques jours, des petites brigades de trois policiers armés sillonnent en permanence les quartiers et les places publiques. Une nouveauté qui répond à une considération sécuritaire liée à la lutte contre la criminalité ou le terrorisme ? Pas si sûr.  En outre, des divisions se font jour au sein du gouvernement. Certains ministres et figures de proue comme Tayeb Belaiz affichent leurs ambitions politiques. Preuve en est, lors de sa récente visite dans la wilaya d’Oran, Tayeb Belaiz a voulu jouer le rôle du premier responsable du gouvernement à la place d’Abdelmalek Sellal ! Le ministre de l’intérieur aurait voulu conduire une délégation composée de plusieurs autres ministres pour s’enquérir de  l’état d’avancement de plusieurs chantiers à Oran.  Or, cette mission incombe au Premier ministre, à savoir Abdelmalek Sellal. Selon notre confrère “El Khabar”, des hauts responsables sont intervenus auprès de Tayeb Belaiz pour le ramener à la raison. Mais ce dernier, à Oran, a tout de même visité des chantiers et des institutions qui ne relèvent pas de son secteur. Belaiz cherche-t-il à damer le pion à Sellal en lui disputant une parcelle de son pouvoir ? C’est fort possible et cette guéguerre stratégique entre les deux dirigeants pourrait refléter le début d’une véritable course à la succession d’Abdelaziz Bouteflika.
En tout cas, pour calmer les esprits et réduire la portée de cette incertitude politique, Amar Saadani, le patron du FLN, a promis à nos confrères de Liberté qu’Abdelaziz Bouteflika fera ce mercredi soir une apparition à la télévision. Attendons donc le 20 H pour vérifier cette nouvelle annonce.

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