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jeudi 2 octobre 2014

Session de l’APW de Tizi-Ouzou :
TIZI OUZOU (Tamurt.info) - Jamais les élus de l’APW de Tizi-Ouzou, toutes couleurs politiques confondues, n’ont été aussi durs de propos à l’endroit du pouvoir centraL, qu’ils ont accusé de freiner délibérément le développement de la wilaya de Tizi-Ouzou, qu'hier, à l’occasion de la session qu’ils ont consacrée à la rentrée scolaire 20I4 – 20I5 et à l’urbanisme et l’habitat.
02/10/2014 - 10:06 mis a jour le 01/10/2014 - 21:27 parSaïd Tissegouine
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Jamais les élus de l’APW de Tizi-Ouzou, toutes couleurs politiques confondues, n’ont été aussi durs de propos à l’endroit du pouvoir centraL, qu’ils ont accusé de freiner délibérément le développement de la wilaya de Tizi-Ouzou, qu’hier, à l’occasion de la session qu’ils ont consacrée à la rentrée scolaire 20I4 – 20I5 et à l’urbanisme et l’habitat.
C’est Mme Nabila Smaïl, élue du FFS, qui, la première, a sonné le tocsin. Cette dame, avocate de son état, a accusé ouvertement les services déconcentrés de la wilaya d’exécuter la mission de blocage des projets de développement, structurants notamment, que l’administration annonce à cor et à cri en faveur de la wilaya de Tizi-Ouzou. Mme Nabila Smaïl a dit également ce que tout le monde pense tous bas depuis fort longtemps que les dépenses engagées dans la réalisation des infrastructures ne reflètent guère les réalisations constatées. 
En d’autres termes, les réalisations sont très en de ça des dépenses financières qui leur sont imputées. L’élue du FFS a rappelé l’existence de la loi 06-0I relative à la lutte contre la corruption et la dilapidation et complétant le code pénal, rappel qui n’a été en vérité qu’une menace. « Les dépenses des deniers publics à des fins non prévues par la loi sont interdites », a clamé haut et fort l’élue du FFS avant d’ajouter en articulant bien les syllabes : « Nous voulons des éclaircissements sur ces dépenses effectuées et reconnues ! ». 
Toujours le verbe acéré, l’intervenante poursuivit : « Nous sommes dans la logique du mensonge. Il y a la corruption et les détournements. L’administration nous donne de fausses informations. Et à présent, nous savons qu’un plan de destruction de la Kabylie est en marche. Est-ce trop demander l’application des lois de la république pour cette wilaya qui est partie intégrante de la nation algérienne ?
A propos de ces lois, elles arrivent à la limite de 35 (limite territoriale de la wilaya de Boumerdès ndlr) et sont aussitôt stoppées ». L élu du FLN, Ouguemmat qui, pourtant d’ordinaire manifeste un calme extraordinaire, a appelé aussi bien l’ensemble des élus de l’APW que les administrateurs de la wilaya ainsi que toutes les forces vives de la région a mettre de côté leurs sensibilités politiques pour faire barrage commun contre le grand danger qui menace « notre région ». Sans le dire ouvertement, l’élu du FLN a désigné des forces occultes comme étant responsables des difficultés inextricables dressées contre le développement de la wilaya de Tizi-Ouzou. 
Ouguemmat s’est basé sur la situation catastrophique que vit le secteur de l’éducation dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
Quant à Mme Leïla Hadj-Arab, elle s’est servie de l’élément sécuritaire pour crier haro. Les feux de forêt qui ont ravagé des centaines d’hectares au point de mettre en danger notre faune et notre flore sans compter les nombreux vergers partis en fumées, la fière aphteuse qui a presque décimé notre cheptel, l’insécurité des personnes dans les villes, les villages et les campagnes sont autant d’indices sur la misère qui frappe notre wilaya », a clamé haut et fort l’élue du RCD pour signaler ensuite le cas des réfugiés étrangers, Syriens, Maliens et Subsahariens notamment.
Mme Moula, également élue du RCD se basa sur le pôle de Tamda, implanté sur des terres agricoles pour faire le procès de l’administration centrale. « Tout ce qui a été réalisé à Tamda n’est qu’un grand gâchis car tout le monde sait que les terres de Tamda ne sont pas constructibles », a clamé l’intervenante pour ajouter aussitôt : « L’administration de la wilaya n’est pas responsable de ce gâchis car effectivement, la destruction de la Kabylie fait partie de la politique nationale algérienne ». Selon donc Mme Moula, les responsables de ce gâchis sont à rechercher dans les hautes sphères.
Mme Ould-Chikh, élue du FLN, n’est pas allée avec le dos de la cuillère pour indiquer l’existence d’anguille sous roche par rapport au développement de la wilaya de Tizi-Ouzou. Cette élue du FLN tirera surtout à boulets rouges sur les responsables de l’académie qui gèrent l’institution « comme leur propriété privée ». Mme Ould-Chikh s’interrogera toutefois sur le fait que ces responsables de l’éducation ne soient jamais inquiétés sur leur manière de faire, laquelle est contraire aux lois de la république.
D’autres élus prendront la parole et pas un ne donnera un quelconque satisfecit à l’administration. Seul le président de l’APW, Hocine Haroun, prendra tout le monde à revers en disant tout à fait le contraire de ses collègues et subalternes.
La réaction inattendue du n° 1 de la première institution élue de la wilaya de Tizi-Ouzou lui vaudra plus tard dans les coulisses le qualificatif de « porte-parole du pouvoir ». En effet, Hocine Haroun remarquera que l’exécution des projets de développement bat la cadence et partout la wilaya de Tizi-Ouzou est en construction. « venez donc sur le terrain et vous constaterez de visu les réalisations », a-t-il dit à ses camarades élus avant d’ajouter : « Certes, tout n’est pas parfait mais les choses vont dans le bons sens. En fin de compte, le président de l’APW a déblayé le terrain pour Abdelkader Bouaghzi. Celui-ci, plus que jamais maître de lui, ne tentera pas pourtant de contrarier les élus. Avec sa grande science de la communication, le wali « prouvera » cependant que l’administration n’est pas toujours coupable dans les retards de l’exécution des projets. 
Abdelkader Bouaghzi épluchera tous les dossiers et à chaque fois, donnera « la preuve » que ni lui ni ses services déconcentrés n’ont failli à leurs missions notamment dans l’exécution et le suivi des projets structurants. Le premier commis de l’Etat de la wilaya de Tizi-Ouzou commencera par l’ouverture du dossier portant sur le terrain réservé pour l’implantation de la zone industrielle de Souamaâ, daïra de Mekla. « cette zone d’une superficie de 450 ha et garante de plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects est toujours au stade de l’inertie à cause des oppositions de certaines familles », a commencé par souligner Abdelkader Bouaghzi avant de glisser la balle dans le camp des élus. « Si vous ne m’aidez pas à débloquer la situation, nous risquons de perdre ce projet fort prometteur ; et ce sera une grande perte pour notre région », a soufflé le wali le wali presque d’un air pathétique.
Une fois ce virage amorcé, Abdelkader Bouaghzi poursuivra sa très longue « plaidoirie ». En effet, la pénétrante, le CHU de Oued-Falli, le dédoublement de la voie, la RN I2, à partir de Taboukirt jusqu’à Azazga, les logements, toutes formules confondues, les CET et la sécurité seront tous étalés avec des données et des chiffres bien précis. Dans certains cas, comme la pénétrante, Abdelkader Bouaghzi impute l’arrêt des travaux à la décision de justice après que celle-ci fut saisies par les familles concernées par l’affaire. « L’administration ne peut que s’incliner devant la décision de justice », a clamé le wali.
Concernant l’environnement où les déchets ménagers font ravage, Abdelkader Bouaghzi s’est défendu en clamant que la solution définitive réside dans l’implantation des CET (centres d’enfouissement techniques). « Il se trouve, hélas, dit-il, que les citoyens refusent l’implantation de telles structures sur leur territoire ». Sur ce dossier, le wali a encore appelé les élus à l’aide.
Sur le dossier portant logements, Abdelkader Bouaghzi sera très à l’aise puisqu’il annoncera de grandes nouvelles. Presque 6.000 unités seront attribuées dès le premier trimestre de l’année 20I5. Les travaux de deux mille autres viennent d’être lancés. Un quota de trois mille autres est en attente. Ce quota de trois mille logement sera octroyés aux communes, et ce à la demande des APC. Abdelkader Bouaghzi ne s’arrêtera pas pour autant là. Il dira effectivement qu’en matière de projets structurants, la wilaya de Tizi-Ouzou, contrairement à ce qui se dit par-ci et par-là, est la plus nantie de toutes les wilayas du pays. Et là encore, Abdelkader Bouaghzi mettra en avant des chiffres. Cinq milliards de DA pour le seul secteur de l’hydraulique, 5 milliards de DA pour le dédoublement de voie Taboukirt-Azazga, etc.
Lors de sa visite en juillet 20I3 à Tizi-Ouzou, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a laissé un chèque de 40 milliards de DA avant de regagner Alger. « Et nous l’informons régulièrement par courrier des dépenses de ce budget », a assuré le wali.
Abordant enfin le volet sécuritaire lequel a directement trait à l’assassinat de l’avant-centre canari, Albert Ebossé, et la décapitation du Français, Hervé Gourdel, le wali a commencé par s’incliner à la mémoire des deux victimes. Ensuite, il imputera les regrettables faits à certains aléas qui surviennent n’importe où et n’importe quand, et ce indépendamment de la volonté de la communauté. Concernant le fait tragique survenu au stade du Premier Novembre I954, Abdelkader Bouaghzi a considéré qu’il aurait pu survenir dans n’importe quel stade de football aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. « Hélas, dit-il, la violence dans les stades est une réalité et le mieux à faire donc est de lutter contre ce fléau ». S’agissant de la vérité concernant le ou les auteurs de l’agression qui a coûté la vie au footballeur, Abdelkader Bouaghzi a informé les élus de l’APW que l’enquête suit toujours son cours. Quant à l’acte terroriste qui a ciblé Hervé Gourdel, le wali est revenu également sur la genèse de l’affaire telle que rapportée par la presse. Abdelkader Bouaghzi notera cependant que les cinq personnes qui ont invité la victime chez elles avaient commis une infraction en n’en tenant pas informées les autorités compétentes. Et encore une fois, le wali a considéré que l’espace géographique de l’enlèvement et la décapitation du citoyen français (Tikdjda) n’est pas le fait d’un calcul savamment réfléchi. Autrement dit, l’acte criminel aurait pu se passer ailleurs qu’en Kabylie.
Addenda : Sur insistance de l’élue FFSn Mme Nabila Smaïl, quant au devenir de la zone industrielle de Souamaâ, l’APW de Tizi-Ouzou qui compte, en son sein, sept élus de formation juriste, mettra sur pied une commission d’avocats qui enquêtera sur les dessous de cette affaire. Il sera question pour cette commission de déterminer et d »identifier les véritables propriétaires des terrains choisis pour abriter la zone industrielle en question. Les services des domaines de la wilaya de Tizi-Ouzou ont affirmé que ces terrains en question sont la propriété de l’Etat et, par conséquent, aucune personnalité physique n’ouvre droit à une quelconque indemnisation. De leur côté, des familles, documents à l’appui, soutiennent qu’elles en sont les propriétaires. Abdelkader Bouaghzi a même suggéré que cette commission de l’APW qui sera mise sur pied dans les tout prochains jours prenne en charge d’autres dossiers similaires. En clair, beaucoup de voiles seront enlevés et beaucoup d’opérations d’escroquerie seront mises en échec.

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