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jeudi 16 octobre 2014

Syrie : après un mois de combats, la lutte se poursuit à Kobané

Syrie : après un mois de combats, la lutte se poursuit à Kobané

Publié le 16.10.2014, 16h51 | Mise à jour : 17h37
Côté turc, on aperçoit tous les jours depuis des jours une épaisse fumée au dessus de la ville syrienne de Kobané, où les combats font rage depuis un mois.

Côté turc, on aperçoit tous les jours depuis des jours une épaisse fumée au dessus de la ville syrienne de Kobané, où les combats font rage depuis un mois. | AFP/Aris Messinis

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Un mois après le début de l'offensive du groupe Etat islamique sur Kobané, les combattants kurdes résistent toujours,
 aidés par les frappes de la coalition, mais les Etats-Unis se montrent davantage préoccupés par les «avancées importantes» des jihadistes en Irak. Le sort de Kobané, troisième ville kurde de Syrie frontalière de la Turquie devenue dans le monde entier le symbole de la lutte contre l'EI, reste totalement incertain après 30 jours de combats acharnés. 

Les jihadistes sont allés jusqu'à occuper la moitié de la ville, mais les combattants kurdes semblent avoir repris cette semaine du terrain grâce à l'intensification des bombardements aériens. Les hommes des YPG (Unités de protection du peuple), principale milice armée kurde de Syrie, ont ainsi «progressé dans l'est et dans le sud-est de la ville», a indiqué jeudi un responsable local, Idriss Nassen. Sur la BBC, un autre responsable des forces kurdes, Baharin Kandal, annonce une victoire imminente face aux jihadistes de Daech. De telles affirmations sont toutefois impossibles à vérifier en l'absence d'observateurs indépendants et de journalistes à Kobané. L'EI ne communique pas sur l'évolution de ses opérations.

VIDEO. Poursuite des combats à Kobané


Jeudi, les jihadistes ont lancé une attaque aux environs du poste-frontière turc de Mursitpinar, espérant couper tout passage entre Kobané et la Turquie. Deux obus de mortier sont tombés non loin du poste-frontière, côté syrien, et un troisième en territoire turc, sans faire de blessés.

662 morts depuis le début de la bataille de Kobané

Les forces américaines ont mené mercredi et jeudi 14 frappes aériennes contre les jihadistes de l'organisation de l'Etat islamique (EI) près de la ville kurde de Kobané, au nord de la Syrie, a annoncé l'armée américaine. Les raids ont notamment détruit 19 bâtiments occupés par les jihadistes et deux postes de commandement, a précisé le Commandement militaire américain chargé de la région (Centcom) dans un communiqué. Plus de 100 raids aériens ont été menés contre les insurgés autour de Kobané depuis fin septembre. Mais «Kobané pourrait encore tomber» aux mains de Daech, a mis en garde le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.
Le coordonnateur de la coalition internationale, le général américain à la retraite John Allen, a également averti que l'option militaire et les raids aériens ne suffiraient pas pour terrasser l'EI : les frappes à elles seules ne produisent «ni gagnants, ni perdants».

En un mois, «la bataille de Kobané» a fait 662 morts, selon un décompte de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) n'incluant pas les victimes des frappes aériennes. L'EI y a perdu 374 combattants, les YPG 258 tandis que dix autres combattants Kurdes et vingt civils ont été tués au  des combats.
300 000 personnes ont fuit la zone de combats

La bataille a débuté le 16 septembre lorsque l'EI, qui a proclamé un «califat» sur les vastes régions qu'il contrôle à cheval sur la Syrie et l'Irak, a lancé une offensive sur la ville et ses environs. Depuis, plus de 300.000 personnes ont fui, dont plus de 200.000 en Turquie et des milliers en Irak. Un peu plus à l'est, au moins 20 jihadistes de l'EI, en majorité des combattants étrangers, ont été tués dans une attaque des forces kurdes à 30km à l'ouest de Ras al-Aïn, dans la province de Hassaka (nord-est), selon l'OSDH.

VIDEO. Kobané : les réfugiés affluent du côté turc de la frontière


«Les Kurdes ont ramené leurs corps et les ont exhibés en voiture dans les rues de Ras al-Aïn», ville contrôlée par les Kurdes à la frontière turque, selon l'ONG.


L'importante avancée de Daech en Irak

Si les Etats-Unis considèrent avant tout Kobané comme une opération «humanitaire» et non «stratégique», ils se montrent davantage préoccupés par l'évolution en Irak. C'est «clairement en ce moment notre principale préoccupation», a affirmé le général Allen, évoquant la situation militaire mais aussi les problèmes  à Bagdad. Il a reconnu que l'EI avait réalisé «des avancées importantes», notamment dans la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar (ouest), dont les jihadistes ont fait un objectif majeur. Ils la contrôleraient à 85%, selon un haut responsable, et tentent de s'emparer en totalité.

L'armée irakienne, épaulée par des tribus, a cependant réussi mercredi à repousser un assaut de l'EI contre Ramadi, chef-lieu d'Al-Anbar. A Bagdad, au moins 16 personnes sont mortes jeudi dans trois  contre des quartiers chiites, selon des responsables médicaux et de sécurité. S'étant entretenus à plusieurs reprises sur la stratégie militaire, les responsables des pays de la coalition ont appelé la Turquie à s'impliquer davantage, notamment en permettant l'utilisation de ses bases militaires, plus proches des lieux de frappes.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a par ailleurs rejeté mercredi l'appel de la France à ouvrir plus largement le passage à la frontière syrienne, insistant sur le fait que seuls les Syriens étaient autorisés à «repartir pour rejoindre la lutte» pour Kobané. Ankara interdit aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de rejoindre Kobané, provoquant la colère des Kurdes de Turquie.

A l'inverse, la Turquie souhaite renvoyer à Kobané 150 Syriens, qu'elle soupçonne d'être liés aux rebelles kurdes de Turquie, selon un député. Retenus par les autorités turques depuis qu'ils ont passé la frontière la semaine passée, ces Kurdes refusent de rentrer à Kobané, et ont entamé une grève de la faim.


LeParisien.fr 

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