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jeudi 19 février 2015

Que sont devenus tous les mouvements féminins | Tamurt.info

Que sont devenus tous les mouvements féminins

Contribution de Fatiha Rahmouni
Que sont devenus tous les mouvements féminins, 20 ans BARAKAT, Djazairouna, Rachda, SOS femme en détresse, le RAFD, Tighri n'tmatut, Tarwa n'Fadma n'Soumer , ayant fait face au pouvoir arabo-islamiste et à son bras armé le terrorisme.
17/02/2015 - 01:00 mis a jour le 16/02/2015 - 22:18 par Fatiha Rahmouni, Secrétaire Nationale au droits humains
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La condition féminine remonte à la naissance du patriarcat. Plusieurs ouvrages sur ce sujet sont à étudier de Hichem Sharabi, Fatma Zhora Sai, Mahfoud Benoune, Souad Khodja… ; mais c’est peut être la question de l’autonomie de la société par rapport à l’Etat qui se pose de manière plus large.
Les rapports établis dans le cadre du néo-patriarcat ne sont-ils pas ceux que subit toute la société avec un Etat qui représente l’autorité politique, symbolique et économique ? 
Et l’émancipation de la femme n’avance-t-elle pas avec celle de l’ensemble de la société.
Il faut partir d’une chronologie des moments forts de l’intervention des femmes dans l’espace public et voir comment des prémisses de possibilités de changement ont fait qu’on se retrouve aujourd’hui devant une difficulté à investir cet espace.
Si au niveau du discours l’idée de l’émancipation est acquise, consacrée dans la constitution, il reste que dés qu’il faut gérer les rapports de la femme c’est l’idéologie qui reprend le dessus. Il faut interroger le rapport du mouvement féminin au pouvoir et à la société.
Pourquoi s’est-on focalisé sur la question de l’amendement ou de l’abrogation du code de la famille ? Comment est-on passé d’un mouvement féminin très combatif et que l’on a perdu le lien au réel alors que le vécu des femmes au quotidien est très violent ? En fait faut-il parler de focalisation juridique durant la phase de l’affrontement le plus fort avec le terrorisme islamiste ? La revendication de l’abrogation n’était-elle une revendication politique de rupture à la fois avec l’islamisme et le système ? 
L’expression du choix de la rupture par rapport aux solutions réformistes en même temps avec l’évolution des conditions politiques générales, ne faut-il pas s’interroger si s’en tenir à ce seul mot d’ordre aujourd’hui n’exprime pas une chute dans une vision réformiste ? Ce sont peut être des décantations politiques qui s’expriment dans le mouvement féminin.
Toutes n’ont pas le même regard, ni le même rapport au pays, au peuple, aux femmes…. Pire aujourd’hui on voit apparaitre des problématiques (parité, quotas) en décalage avec cette réalité. Le mouvement féminin a été instrumentalisé pour perpétuer le système alors que la société est en rupture avec ce système, le mouvement féminin est confronté à ses propres limites, à son propre discours, à ses pratiques et aux limites des partis.
Mais aussi comment une confrontation politique est soumise au niveau international avec une perte de souveraineté qui apparait de plus en plus, et des pressions sur le mouvement féminin pour abandonner une attitude contestataire.
Il faut en fait faire le lien entre la question des femmes et celle de la citoyenneté. On a vu qu’au départ les femmes voyaient leur émancipation venir d’en haut, puis dans une deuxième étape, il est apparu un mouvement féminin sous tutelle avant de voir apparaitre des tentatives d’autonomisation.
La présence des ONG internationales a favorisé la transformation d’organisations revendicatives en associations caritatives dont les actions s’articulent avec les mesures visant à rendre soutenable politiquement les mesures d’ajustement structurel. La défense et l’extension des droits des femmes liés aux changements émanant des appareils de l’Etat et des forces islamo-conservatrices. Ces luttes se situent dans un environnement qui connait des mutations permanentes aux plans socio-économique et politique et ne peuvent être inscrites que dans un mouvement plus vaste des luttes sociales et politiques ayant pour soucis de promouvoir l’équilibre du citoyen en terme de besoins sociaux, en matière de santé, l’éducation, de logement ou de transport entre autre et de défendre ses droits civiques et politiques. Les luttes pour de meilleures conditions sont exacerbées quand il s’agit des femmes du fait de leur statut de citoyennes de seconde zone.
Qu’en est-il du mouvement féminin et de l’étendue de son intervention, voire sa pénétration dans la société ? 
S’agit-il d’une action soutenue qui ne se limite pas à certains rendez-vous ponctuels comme le 8 mars ? 
Est-ce que le mouvement jouit d’une véritable assise en termes de confiance et de crédibilité ? 
Ya t-il eu régression des luttes des femmes et échec à mobiliser la société ? 
Pourquoi les revendications des associations de femmes ne sont pas devenues celles de toutes les femmes et n’ont pas d’impact sur le reste de la société ?
Est-ce que les luttes ont été véritablement plurielles et multiformes ? 
Ont-elles réussi à avoir un écho dans tous les milieux et drainer suffisamment de militantes ? 
Faut-il constituer un front dont les diverses composantes se verraient confier un champ d’action déterminé, nécessitant une étroite collaboration avec les autres groupes de luttes en présence (syndicats, associations, étudiants, professeurs, sportifs, handicapés …) pour d’une part accroitre le travail d’information et de sensibilisation et d’autre part avoir une meilleure prise sur les événements.
Comment toucher un maximum de femmes au foyer et les faire participer au combat, leur apprendre leurs droits mais aussi à les réclamer et les exercer ?
Le mouvement féminin a régressé partout dans le monde et il faudrait s’intéresser à l’image de la femme véhiculée à travers les magazines. L’autodétermination de la Kabylie ne se fera pas sans la liberté de la femme, sans rompre avec le conservatisme Kabyle hérité de l’idéologie.
Rahmouni Fatiha

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