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mercredi 1 juillet 2015

Des femmes Kabyles veulent assister à l’enterrement de leurs proches - Tamurt


Des femmes Kabyles veulent assister à l’enterrement de leurs proches
Lounès B 1 juillet 2015 4 Commentaires Enterrement,Religion


KABYLIE (Tamurt) – Depuis l’avènement de l’islam en Afrique du nord la femme berbère a perdu son statut. Les femmes ont l’interdiction d’assister à l’enterrement de leurs proches. Seuls les hommes y sont autorisés par l’islam.

Dernièrement, et dans le débat et la politique sur les non jeûneurs, des étudiantes et intellectuelles iconoclastes Kabyles veulent mettre fin à un ordre établi dans la société Kabyle. Elles veulent sensibiliser les gens à se défaire de l’interdiction faite aux femmes d’assister à l’enterrement de leurs proches.

« Si l’islam interdit la présence des femmes dans les cimetières lors de l’enterrement, il faut respecter ce dogme, mais cette interdiction doit se limiter aux femmes musulmanes. Les autres qui sont d’autres confessions ou athées devraient avoir le choix », nous dira Naïma, une étudiante Kabyle à l’université de Bouzaréah d’Alger. Pour elle c’est plus qu’un droit d’assister à l’inhumation d’un parent ou d’un proche.

« Toutes les femmes du monde assistent à l’enterrement de leurs proches exceptées les femmes de confession musulmane. . Où est le problème ' Pourquoi tenir les femmes loin des cimetières ' Sont-elles considérées comme des diablesses ' », s’emporte notre interlocutrice.

D’autres femmes Kabyles qui partagent cet avis comptent même s’imposer et assister aux enterrements même contre la volonté des « conservateurs ». « Je suis une Kabyle vivant en France. Lors du décès de mon père il y a 10 ans, son corps a été rapatrié au village natal. Le jour de l’enterrement, j’ai été stupéfaite qu’on m’interdise de l’accompagner au cimetière. J’ai donc demandé le pourquoi de cette pratique et la seule explication que j’ai pu obtenir était que les femmes sont trop fragiles et risqueraient de s’évanouir !!!! Pour moi, on m’a retiré la possibilité de dire adieu à mon père, un sentiment de manque. Si cette pratique vient à être changée, ça serait une grande évolution. Il y a 10 ans je me suis tue et j’ai accepté la décision, mais aujourd’hui, s’il arrive quelque chose à ma maman personne ne m’empêchera de l’accompagner dans sa dernière demeure », nous dira une intellectuelle et militante en France.

Bon nombre de femmes Kabyles veulent initier un débat général sur les interdictions de la religion musulmane en général et le droit des femmes à assister à l’enterrement de leurs proches.

Lounès B pour Tamurt

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