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mardi 29 juillet 2014

najib amazigh-I7kam R9adi



Najib Amazigh dit tirer son inspiration créative de ses moments de grâce, des souvenirs, du souffle d’une tradition, de la tristesse et de la joie mais aussi d’une pléiade de grands maîtres de la chanson amazigh.
29/07/2014 - 19:12 mis a jour le 29/07/2014 - 12:22 par Rachid OUFKIR
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Auteur, compositeur, interprète et un des grands artistes musicaux et charismatiques dans le RIF. Najib AMAZIGH qui est son nom de scène, est né à Imzouren en 1973 et est père de trois enfants, Massin Numedia et Simane. C’est une icône majeure de la chanson engagée, critique et sensibilisatrice. Un artiste rebelle à l’ordre établi. Sa forte implicationpolitique transparaît dans ses interprétations. Naturellement, la chanson engagée et la poésie de résistance ont toujours fait partie de l’environnement musical rifain et amazigh.
En 2009 il pose ses valises en Belgique où il demande l’asile politique qui lui a été accordé. Désormais il bénéficie de tous les droits comme l’ensemble des citoyens belges. Najib AMAZIGH a décidé de choisir l’exil culturel et politique, de partir, conquérir le mondepour vivre pleinement de son art et son talent et cela marche plutôt bien.Il a enfin la possibilité de faire de la musique qui lui offre des perspectives d’avenir. 
Au Maroc, et dans le RIF en particulier, l’art et les œuvres de l’esprit connaissent un véritable drame, et les artistes chanteurs végètent à cause notamment dela politique de paupérisation de tous les acteurs politiques et culturels, le dénigrement de l’artiste amazigh dans les médias officiels. De nombreux artistes pâtissent, également, de l’absence de la liberté d’expression, qui est une liberté fondamentale, une énergie inspiratrice dont ils ne peuvent se passer.
Aujourd’hui, se sentant un brin nostalgique, il se retrouve en mal du pays, et pense constamment à son retour au bercail pour revoir sa famille et ses enfants lointains, hors de vue et hors de prise. Il traverse une épreuve difficile, et faute de mieux, il bataille dur pour ramener sa famille restée au pays. Il a laissé sa fille alors qu’elle avait 6 mois, aujourd’hui elle est âgée de 6 ans. Il a entrepris toutes les démarches possibles dans ce sens pour la faire venir en Belgique en mettant à profit la procédure de regroupement familial. En vain. Un dossier a été présenté au consulat de Belgique au Maroc qui lui a coûté 1250 euros mais sans résultat. Cela fait 7 mois qu’il bataille avec le ministère des affaires étrangères belge à Bruxelles.
Dans cette épreuve, il déplore le non-respect des droits humains et des conventions internationales du pays de son résidence, et clame sa révolte contre la situation dans laquelle sa famille a été laissée.
Fort en gueule, et déterminé, RIFAIN et fier de l’être, N. Amazigh, un nom qui est tout un symbole, ne cèdepas sous le joug d’un Etat qui bloque, casse l‘artengagé et divise incessamment pour mieux régner. Contre lui, les autorités marocaines ont mis en place un plan qui vise à faire échouer sa carrière d’artiste : refus de lui délivrer la carte professionnelle de l’artiste qui valorise et reconnaît son métier, interdiction de quitter le territoire et de se produire sur scène dans certains festivals officiels au Maroc alors qu’il avait participé antérieurement à 180 festivals et en compagnie des artistes de renommée internationale, last but not least. Il n’a cessé de subir des harcèlements policiers depuis sa participation dans des festivals en Algérie, Libye, et en Espagne. N. Amazighe, accablé par ces actions de sabotage, désespéré et déçu, il se rend compte que les conditions d’une vie digne pour un artiste engagé ne sont pas garantis et que CHEZ LUI, on ne veut pas de lui , c’est la raison principale de son départ pour l’exil.
La dimension identitaire imprègne son œuvre et son rapport à la révolte sociale, politique et culturelle. Il y rend un vibrant hommage, avec beaucoup d’émotion et de partage, à son RIF natal, et à son patrimoine culturel dont il chante la beauté et les couleurs et n’hésite pas à le faire connaître au-delà de ses frontières. Bien qu’il s’en est éloigné, il ne l’a pas quitté pour autant. N.Amazigh fait part de ses griefs, exprime de la hargne et clame sa colère contre l’état civil marocain qui lui refuse d’inscrire ses enfants dans le livret de famille sous prétexte que les prénoms amazighs choisis ne figuraient pas sur la liste des prénoms autorisés au Maroc, ce qui est une mesure éminemment RACISTE.
Parallèlement à sa carrière musicale, il est un infatigable militant des droits humains et de l’identité amazighe et rifaine. La musique pour lui, est liée davantage à de l’engagement et ne se reconnaît guère dans le divertissement. N.A remet en cause le rapport de l’artiste au pouvoir, et l’image de l’artiste lui-même. En 1987 il a participé à des soirées artistiques à Imzouren , fondé le groupe Imettawen en 1991, une expérience qui a duré 5 ensuite il a migré vers à Ceuta, pendant 4 ans pour développer son talent et retourner, par la suite, dans sa ville natale. A la fin des années 1991, il se fait connaître grâce à ses chroniques virulentes dans ses concerts, et son inscription dans les grands mouvements de révolte qui ont secoué le RIF.
Dans ses chansons, l’artiste s’évade et transfigure le réel en créant une forme d’existence, une pure expression artistique et une philosophie de vie d’une jeunesse en désarroi. Ses interprétations traduisent le désir de révolte contre une société et une réalité socio-politique dans le RIF verrouillée par les décideurs politiques. Dès son plus jeune âge, la lutte contre la injustice, le despotisme, et la condition de la femme, avait rythmé sa vie. Ces nobles causes lui ont valu d’être la cible de poursuites judiciaires et même l’emprisonnement.
Ses interprétations chaleureuses, plus raffinées, lui ont valu l’appréciation de ses fans, mélomanes et militants. Inspiré et formé dès son adolescence par des chanteurs et militants des droits humains, il se veut artiste de son temps et met sa pensée et son art au service des valeurs universelles.
Il a interprété des poèmes des grands poètes berbères qu’il accompagne à la guitare, devenue son instrument de prédilection. En outre, il se prend d’une forte passion de l’harmonica dont il devient incontestablement une des références dans le RIF.
L’amour, les scènes de vie, la douceur du pays et la nostalgie qui étreint les coeurs à l’évocation du village natal reviennent constamment dans ses poèmes. Grâce à ses mélodies envoûtantes, ses sonorités et ses textes, qui mêlent plusieurs thématiques à la fois, et ses maniements d’images poétiques, il reproduit en musique son univers avec beaucoup de profondeur et une beauté exquise.
Najib Amazigh dit tirer son inspiration créative de ses moments de grâce, des souvenirs, du souffle d’une tradition, de la tristesse et de la joie mais aussi d’une pléiade de grands maîtres de la chanson amazigh Walid Mimoun, Boujemaa TWATTOUN, Idir qui l’ont influencé dans son parcours musical.
ll puise son inspiration dans ses origines et ses racines. Il ne se défait pas de ses références culturelles de son RIF natal, et s’appuie sur elles pour enrichir son art et son répertoire et lui donne une certaine innovation. Sa musique est inédite. Elle est au croisement des influences et des styles. Un brassage cosmopolite de tradition amazigh et folk song américain, ce qui faire entrer sa musique dans l’optique de l’expression universelle et spirituelle. Sa musique, langue des émotion comme disait Emmanuel Kant, touche l’ensemble de son public, amazighe ou pas.
OUFKIR Rachid

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