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jeudi 30 mai 2013

Les enseignants de Tamazight désavouent le ministre de l’éducation | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

C’est le pouvoir qui refuse l’enseignement de Tamazight :
Le ministre algérien, et toute honte bue, a déclaré que : « l’Etat algérien œuvre sans relâche dans le sens à ce que l’enseignement de tamazight soit généralisé le plus tôt possible, et ce en formant justement les enseignants en nombre suffisant ». Veut-il par là nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?
31/05/2013 - 06:07 mis a jour le 30/05/2013 - 19:27 parYouva Ifrawen
Les propos tenus par le ministre de l’éducation algérien, lors de sa dernière visite cette semaine en Kabylie concernant l’impossibilité de la généralisation de la langue Tamazight, ont été démentis par les enseignants de Tamazight qui n’ont pas caché leur vive colère.
« La généralisation de l’enseignement de tamazight ne peut se faire pour le moment », a déclaré à la presse Abdellatif Baba-Ahmed,à Tizi Wezzu . Il argumenta ses dires par « le manque flagrant des enseignants de Tamazight à l’échelle nationale ». Un argument fallacieux qui ne tient pas debout. Les Kabyles ont compris depuis longtemps le manège du régime islamistes et raciste du clan d’Oujda.
Des enseignants de la langue Tamazight de la Kabylie ont tenu à signaler ce matin à Tamurt que plus de 3 000 enseignants de Tamazight à Tizi Wezzu sont au chômage. « Ce qu’a déclaré ce ministre est grave. J’ai terminé mes études en Tamazight depuis 2005 et j’ai frappé à toutes les écoles de ce pays, mais sans succès. Les directions de l’éducation de toutes les wilayas du pays refusent d’enseigner la langue Tamazight, et même en Kabylie », tient à révéler en colère Hakima. Une amie à elle, qui est toujours étudiante, a tenu a rappeler la marche des étudiants du département d’enseignement de Tamazight de l’université Mouloud Mammeri qui ont marché le 20 mai dernier pour réclamer l’enseignement de Tamazight. Plus de 3 000 licenciés en langue de Massinissa ont marché à Tizi Wezzu. Ces faits sont en totale contradiction avec ce que ne cesse de déclarer le pouvoir depuis des années pour justifier le refus d’enseigner Tamazight en Kabylie et en Algérie.
Le ministre algérien, et toute honte bue, a déclaré que : «  l’Etat algérien œuvre sans relâche dans le sens à ce que l’enseignement de tamazight soit généralisé le plus tôt possible, et ce en formant justement les enseignants en nombre suffisant ». Veut-il par là nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?
«  Un jour je me suis déplacé à Alger pour déposer une demande d’emploi dans un lycée à Alger. Je suis tombé des nues lorsqu’un chef de service à la direction de l’éducation m’a signifié tout simplement que Tamazight ne serait jamais enseignée dans son établissement tant qu’il sera vivant. Il m’a lancé à la figure que mon dossier ne serait même pas recevable », nous dira Rabah.
Un autre directeur d’établissement à Oran a justifié le non recrutement des enseignants de Tamazight de peur de voir les arabes retirer leurs enfants de l’établissement qu’il gère. Il existe de nombreux exemples de ce genre en dehors de la Kabylie.
Par ailleurs, selon une enseignante de la langue de Tamazight dans une école primaire à la haute ville de Tizi Wezzu, les élèves accordent un intérêt particulier à l’enseignement de leur langue. « Mêmes les élèves arabophones des autres régions d’Algérie qui sont installé à Tizi Wezzu adorent la langue Tamazight et obtiennent parfois de meilleures notes que les Kabyles », nous indique l’enseignante.
Youva Ifrawen

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