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mercredi 22 février 2012

Quand l’Algérie allaite ses voisins - A la une - El Watan

Quand l’Algérie allaite ses voisins - A la une - El Watan

D’importantes quantités de produits subventionnés passent les frontières

Quand l’Algérie allaite ses voisins

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le 22.02.12 | 01h00 Réagissez

zoom | © Saâd

La facture à l’import explose. Tous les mécanismes et artifices déployés depuis 2009 n’y font rien. Bien qu’on se plaise à mettre en avant la hausse des prix des produits de base sur les marchés internationaux, les faits sont têtus.

Les dispositions prises l’an dernier pour calmer les populations descendues dans la rue crier leur ras-le-bol n’ont fait qu’alimenter la frénésie des consommateurs. Pis, les subventions destinées à soutenir les prix des produits de large consommation ont, en parallèle, alimenté les réseaux de contrebande, lesquels ont aussi su tirer profit des révolutions populaires chez nos voisins libyens et tunisiens. Sinon, comment justifier les chiffres des Douanes algériennes faisant état de fortes hausses des importations, en volume et en valeur, sur l’ensemble des compartiments des produits alimentaires ? La facture céréalière a doublé en une année, celle du sucre a augmenté de 71% et du lait de 53%.
Globalement, la facture alimentaire a atteint en 2011 près de 10 milliards de dollars. On évoque même aujourd’hui des routes de la contrebande qui joindraient directement les frontières à partir des ports de l’est du pays, s’érigeant ainsi en modèle d’économie souterraine assurant la survie de localités des deux côtés de la frontière. Si le bilan de la Gendarmerie nationale et des GGF font ressortir une baisse du rythme des saisies à 61% pour les produits alimentaires pour 215 748 tonnes de produits saisis, la situation est telle qu’elle inquiète des responsables, qui n’hésitent plus à accuser la contrebande de tous les maux. Le fait est qu’on ne peut aujourd’hui comptabiliser ce qui passe au travers des mailles du filet.
Les services des Douanes algériennes accélèrent la mise en place de nouveaux postes frontaliers de surveillance et les GGF multiplient les patrouilles. Mais cela semble insuffisant, d’autant que des facteurs en amont favorisent la contrebande. Ce sont les subventions consenties par les pouvoirs publics et qui maintiennent les prix très en deçà des prix réels du marché. L’expert financier Mohamed Ghernaout pense d’ailleurs que «là où il y a des produits subventionnés, il y a fatalement des réseaux de contrebande qui se constituent et l’Algérie ne fait pas exception».
Il va sans dire que cela induit forcément un coût. Au-delà de la lourde facture à l’import, les subventions ont mobilisé près de 271 milliards de dinars (environ 3,5 milliards de dollars) sur le budget de fonctionnement de l’Etat pour 2011, lequel commence à être sujet de véritables préoccupations. Pour 2012, la loi de finances entend consacrer 200 milliards de dinars (un peu plus de 2,5 milliards de dollars) pour ces mêmes subventions. Si l’on cumule le manque à gagner induit par les exonérations de droits de douane et de TVA sur les huiles brutes importées, sur le sucre blanc et le sucre roux, qui atteint, selon une première estimation pour la période de janvier à août 2011, à 2,5 milliards de dollars, on prend toute la mesure de ce que nous coûtent les convois qui traversent les frontières.
Retour aux erreurs des années 1980
Il est vrai que tant que la rente pétrolière permettra de financer le budget de l’Etat, on pourra supporter ce fardeau. Or, le risque d’un effondrement des marchés pétroliers pourrait sérieusement mettre à mal les équilibres macroéconomiques. Dans ce sens, Mohamed Ghernaout indique que «les pouvoirs publics sont en train de reproduire le schéma de développement des années antérieures aux programmes d’ajustements, c’est-à-dire reproduire les mêmes erreurs notamment en ce qui concerne les déséquilibres macro-économiques qui sont masqués par la bonne santé financière du pays, tirée par les revenus des hydrocarbures».
L’expert insiste sur la nécessité de chercher des solutions qui pourraient nous éviter les débâcles de la fin des années 1980 et 1990, mais il reste sceptique quant à la possibilité de voir les pouvoirs publics prendre de telles mesures à la veille des élections législatives. La collusion politique est d’autant plus certaine que les choix sont assumés par le ministre des Finances, Karim Djoudi, qui a récemment déclaré que c’est «un choix politique». Samir Bellal, professeur d’économie à l’université de Guelma, pense que la question des subventions n’est plus du ressort de l’analyse macro-économique mais est intimement liée aux problèmes de représentativité et de légitimité politique. Mohamed Ghernaout ajoute dans le même sens que «c’est la relation gouvernant-gouverné qui est en jeu. La solution de facilité consiste à continuer à gérer les frottements sociaux par des mesures inadéquates en arrosant les partenaires sociaux à coup de milliards de dinars, c’est-à-dire en gaspillant les ressources et en brisant l’avenir des futures générations».
Il estime que «nos gouvernants manquent de courage et de sens des responsabilités» dans la mesure où la libération des prix implique fatalement une augmentation de l’inflation. Il plaide aussi pour un système de subventions ciblées à travers un filet social, même si ce modèle a été éprouvé au début des années 1990 à cause de la triche de certains.
En tout état de cause, la refonte des modèles économiques reste le préalable pour non seulement contrecarrer l’inflation et la contrebande, mais aussi pour récupérer les marchés qui profitent aux réseaux informels. Il faudrait encore, selon l’expert financier, connaître les besoins des pays limitrophes, le nombre d’entreprises exportatrices en Algérie, mais aussi être concurrentiel face à des économies tunisienne et marocaine tournées vers l’export et aux marchés acquis à la production locale.
Roumadi Melissa

jeudi 16 février 2012

L’Algérie condamnée par l’ONU - Divers - Tout sur l'Algérie - page 1

L’Algérie condamnée par l’ONU - Divers - Tout sur l'Algérie - page 1



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L’Algérie vient de subir deux nouvelles condamnations dans deux affaires de disparitions forcées. Les condamnations émanent du Comité des droits de l’homme des Nations unies, selon l’ONG Trial. Trial (Track Impunity Always), association basée à Genève, possède un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies. Elle est à l’origine du dépôt de nombreuses plaintes, dont celle visant le général Nezzar pour son implication dans des crimes de guerre commis durant les années quatre­vingt‑dix.
Les deux condamnations concernent la disparition forcée de Kamel Djebrouni, 31 ans, arrêté en novembre 1994 à son domicile d’Alger par un groupe de militaires, et qui n’a depuis jamais été revu, et celle des frères Djamel (19 ans) et Mourad (16 ans) Chihoub, arrêtés à leur domicile à Baraki, respectivement en mai et en novembre 1996. Trial rappelle que malgré les démarches entreprises par les familles de ces trois disparus, aucune enquête n’a été ouverte et aucun responsable poursuivi.
Avec ces condamnations, le Comité des droits de l’Homme de l’Onu prend acte, une nouvelle fois, que l’Algérie a violé de nombreux droits garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et lui demande de « mener une enquête approfondie et rigoureuse sur la disparition » de Kamel Djebrouni et de Djamel et Mourad Chihoub. Il rappelle aussi l’obligation qu’a l’Algérie de « poursuivre, juger et punir les responsables des violations commises », ainsi que d’indemniser les familles des victimes pour les violations subies.
En 2011, suite à l’intervention de Trial, l’Algérie a déjà été condamnée par le même comité dans une affaire de disparition forcée et un cas de décès sous la torture. Quatorze autres cas sont en cours d’étude. Cette toute dernière condamnation est l’occasion, pour le directeur de l’association, Philip Grant, de rappeler qu’« en Algérie, l’impunité pour les crimes commis durant la guerre civile est absolue. Aucun responsable n’a en effet jamais été poursuivi. Les Nations unies viennent sèchement lui rappeler qu’un tel système, même consacré par la loi, viole de manière inadmissible le droit international ». Il ajoute que « la communauté internationale doit enfin exiger que l’Algérie respecte les conventions qu’elle a ratifiées ».

jeudi 26 janvier 2012

Classement mondial de la liberté de la presse : l’Algérie à la 122ème place

Classement mondial de la liberté de la presse : l’Algérie à la 122ème place


Classement mondial de la liberté de la presse : l’Algérie à la 122ème place

26/01/2012 - 20:14


PARIS (SIWEL) — Le classement mondial de la liberté de la presse 2011/2012 établi par Reporters sans frontières pour 2011-2012 a été rendu public hier, mercredi 25 janvier.



Classement mondial de la liberté de la presse : l’Algérie à la 122ème place
Si l’Algérie gagne 11 places en comparaison à 2010 où elle était 133ème, elle demeure parmi les derniers du classement qui compte 179 pays. L'organisation explique que cette remontée dans le classement est le fait d'une diminution du nombre de procès intentés aux journalistes.


L’ Algérie est classée entre le Zimbabwe du despote Robert Mugabe (121) et le Tadjiskan de l’autocrate Emomali Rakhmon (123).




L’ Algérie compte plus de 60 quotidiens de langues arabe et française, les journalistes en Algérie continuent d’être sous payés, mal logés, souffrent de manque de formation, voire d’absence totale de formation.


La dépénalisation du délit de presse et la promulgation d’une nouvelle loi organique relative à l’information, présentées comme une rupture d’avec les pratiques antérieures, ne sont en fait qu’une reformulation des anciennes règles juridiques. Le maintien de la sanction financière à l’encontre des journalistes qui se rendraient « coupables » de délit de diffamation en est l'illustration. La règle établit que celui qui ne peut s’acquitter de son amande est passible d'emprisonnement. Le journaliste porte seul la responsabilité de ses écrits. Dans l'ancienne loi, patrons de presse et rédacteurs en chef étaient poursuivis solidairement.


En matière de liberté de la presse, les médias audiovisuels, radios et télévision, demeurant sous contrôle étatique, l'Algérie ne pouvait que être mal classé.


Concernant les pays voisins, le Maroc perd 3 places et est classé 138ème, la Libye quant à elle gagne 6 places et est 154ème. La Tunisie passe de la 164ème à la 134ème. L’ Égypte malgré la révolution perd 39 places et passe de la 127ème place à la 166ème.


Lire le rapport dans son intégralité [http://fr.rsf.org/IMG/CLASSEMENT_2012/C_GENERAL_FR.pdf


cc
SIWEL 262014 JAN 12

lundi 23 janvier 2012

Human Rights Watch rend son rapport sur l’Algérie : «Restrictions aux libertés civiles» - Actualité - El Watan

Human Rights Watch rend son rapport sur l’Algérie : «Restrictions aux libertés civiles» - Actualité - El Watan

Human Rights Watch rend son rapport sur l’Algérie : «Restrictions aux libertés civiles»

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le 23.01.12 | 01h00 Réagissez

L’organisation internationale de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a rendu public, hier, son rapport 2012 sur la situation des droits humains dans le monde.

L’Algérie figure à cet effet dans le chapitre consacré aux pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et pour laquelle le rapport énumère un nombre d’atteintes aux droits et libertés. Le rapport souligne que malgré la levée de l’état d’urgence l’année dernière et l’annonce de réformes juridiques et politiques, «à l’heure où nous écrivons, ces mesures n’ont pas permis aux Algériens d’exercer pleinement leurs droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association». Et d’ajouter : «Les membres des forces de sécurité et les groupes armés ont continué à bénéficier d’une impunité générale pour les atrocités commises au cours de la guerre civile des années 1990. L’Etat a offert des indemnisations aux familles des victimes de disparitions forcées au cours de cette période, mais n’a apporté aucune réponse quant au sort de celles-ci.
Les groupes armés ont continué à mener des attaques meurtrières, visant principalement les forces de sécurité de l’Etat.» Le rapport de HRW précise que «de nombreuses restrictions aux libertés civiles imposées pendant la période de l’état d’urgence ont néanmoins perduré après sa fin, et les autorités se sont appuyées sur d’autres lois et réglementations répressives… L’interdiction de toute manifestation à Alger, imposée jusqu’à nouvel ordre en 2001, est par exemple restée en vigueur. En dehors de la capitale, les rassemblements publics sont toujours soumis à l’obtention d’une autorisation préalable, tel qu’exigé par un décret-loi datant de 1991. Si les autorités ont toléré quelques manifestations critiques à l’égard du gouvernement à l’extérieur d’Alger, cela a été l’exception plutôt que la règle», note l’ONG.
D’autre part, Human Rights indique, dans le même registre, que «le 24 février 2011, le jour même de la levée de l’état d’urgence, le président Bouteflika a promulgué un décret autorisant l’armée algérienne à mener des opérations de lutte contre le terrorisme, une mission déjà assumée par celle-ci pendant la période de l’état d’urgence. Le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), un service de l’armée, a été impliqué dans certaines des pires exactions perpétrées pendant les opérations de lutte contre le terrorisme depuis les années 1990… Plus de 100 000 Algériens ont perdu la vie au cours des troubles politiques des années 1990. Des milliers d’autres ont disparu aux mains des forces de sécurité ou ont été enlevés par des groupes armés luttant contre le gouvernement, et n’ont jamais été retrouvés».
Ceci et de noter que «la loi de 2006 sur la paix et la réconciliation nationale, tient à souligner Human Rights, instaure un cadre légal pour l’impunité persistante dont bénéficient les auteurs des atrocités de cette période... La loi érige en infraction pénale le fait de critiquer les institutions de l’Etat ou les forces de sécurité pour la façon dont elles se sont conduites au cours de la période des troubles politiques, condamnant donc potentiellement tous ceux qui affirment que les forces de sécurité se sont rendues coupables de violations des droits humains».
Par ailleurs, l’ONG indique qu’«en 2011, l’Algérie n’a toujours pas adressé d’invitation à visiter le pays aux cinq mandataires de procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui en ont fait la demande, parmi lesquels le groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires et le rapporteur spécial sur la torture et les droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. L’Algérie a accueilli la visite du rapporteur spécial sur le droit à un logement convenable».
Concernant le volet liberté d’expression, HRW observe que «l’Etat contrôle tous les médias audiovisuels nationaux… Les journaux appartenant au secteur privé jouissent d’une plus grande liberté, mais les lois répressives sur la presse et leur dépendance vis-à-vis des revenus de la publicité du secteur public limitent leur liberté de critiquer le gouvernement et les militaires. Les autorités ont interdit à la chaîne de télévision Al Jazeera d’ouvrir un bureau dans le pays».

Bsikri Mehdi

jeudi 5 janvier 2012

L’Algérie, un motif qui orne la carte géographique ! - Le Matin DZ - Les idées et le débat

L’Algérie, un motif qui orne la carte géographique ! - Le Matin DZ - Les idées et le débat

L’Algérie, un motif qui orne la carte géographique !

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La France a toujours gardé des leviers d'influence en Algérie. Ici Sarkozy et Bouteflika
L’Algérie est un pays riche, les algériens sont pauvres ! Cette énigme n’arrête pas de nuire de plus en plus à l’image du pays et de ses citoyens.
Malgré ses richesses, l’Algérie de 2012 a du mal à dépasser le système féodal et moyen-âgeux qui touche pratiquement tous les domaines : de l’économie au système politique en passant par la justice et les droits de l’homme, la religion et des pratiques sociales des plus archaïques. Est-ce que ce jeune pays est condamné par les cieux à être complètement à côté de l’histoire ? Est-ce une malédiction divine d’être mauvais élève de tous les temps? Le problème réside-t-il dans la junte au pouvoir? Ou c’est une responsabilité partagée par toutes les composantes sociales de la nation? Y a-t-il un moyen pour sauver le pays ? Les causes de ce drame sont multiples. En voici quelques-unes.
1. L’immaturité du peuple ou du citoyen pour ne pas dire "sujet"
Un citoyen est une personne majeure qui dispose de droits et qui a des devoirs liés à sa nationalité. Or, l’Algérien ne dispose pas de droits et on l’empêche même de faire son devoir de citoyen !
Le système tribal, le diktat du plus fort et l’arbitraire sont la devise de ce pays ! On ignore ses propres droits, ses devoirs, pas de revendications politiques, sociales ou économiques, car la lâcheté est plus confortable que le militantisme et le combat pour la liberté. On bénit les dictateurs, on protège le système et on soutient les tyrans d’une manière ouverte, claire et inconsciente. Cela s'est concrétisé par les différents référendums, les mascarades présidentielles, législatives et municipales... Le taux d’analphabètes contrairement à la norme ne cesse d’augmenter d’une manière exponentielle et préoccupante. Aussi bien dans les régions de l’intérieur et du sud (Djelfa, Laghouat, Bechar) que dans les villes du nord. Le plus grave est que le phénomène est existant dans la capitale et à Oran. Les jeunes restant les plus vulnérables à ce fléau.
L’accès aux médias, technologies (internet..) n’est pas seulement limité à cause du pouvoir d’achat et du système politique, mais aussi à cause de l’ignorance et de l’incompétence. Plus de la moitié des étudiants ne peuvent pas manipuler un ordinateur. On a des universitaires qui ne maîtrisent aucune langue (ce n’est pas une exagération, mais une réalité amère), avec un niveau d’instruction très bas et une mentalité fondée sur l’intolérance, le racisme et l’excès de fierté le meilleur peuple du monde choisi par le bon Dieu pour guider la planète, on a les meilleurs médecins et les meilleurs pilotes…). Dans un cas pareil, on ne peut pas distinguer le peuple de la populace. La populace bien entendu ne peut pas faire de progrès, donc de ce point de vue on ne peut pas trop compter sur le peuple.
2. Le problème identitaire, le conflit perpète
Le problème identitaire de l’Algérie ne date pas d’aujourd’hui. Au sein de l’élite révolutionnaire des années 1940 commençaient les premières étincelles voire des escarmouches entre les deux cultures. Après l’indépendance, l’autoritarisme des putschistes (Boumediene) arrivés au pouvoir et le sentiment de haine et de racisme envers les non Arabophones a pris une dimension politique. Il était strictement interdit aux étudiants kabyles sur Alger ou tout autre wilaya que la leur, de parler dans leur langue maternelle… De l’autre côté, on a renforcé la culture arabe qui appartenait à des sociétés, des peuples et des pays qui sont loin d’être frères. On a arabisé le système éducatif, la loi est désormais celle du Coran (a charia), l’ennemi de la langue arabe est systématiquement l’ennemi de Dieu. Cette culture étrangère à l’Algérie a fait de ses enfants des talibans et des Afghans. On a payé le prix de ces politiques inconcevables très chères. Au lendemain de l’indépendance "les ulémas" qui règnent sur le pays ont jugé menaçante pour eux et pour la nation, la culture des infidèles (1) ainsi que toute chose relative à celle-ci. C’est le commencement de la censure et de l’autodafé. Ignorant la structure socioculturelle du peuple et de ses intérêts à moyen et à long terme, on a entreprit un lynchage de tout ce qui n’est pas arabe, dans les yeux de ces déformateurs qui se voient comme réformateurs, c’est une purification. On a appelé des Egyptiens et des Syriens pour assurer l’arabisation de l’école et des institutions. Là il faut rappeler que près de 80% de la population n’est pas arabe : Chaouïa, Mzab, Kabyle, Targui… même l’arabe algérien n’est qu’un dialecte à moitié berbère un l’autre moitié mélange de français et d'arabe : "Guelil saken chambra" pauvre (en berbère) habite (en arabe) une chambre (en français) "Une langue maternelle imposée" on a appris l’arabe classique comme langue maternelle alors que nos mères ne la parle pas, ce n’est pas drôle ce génie linguistique ! Comment peut-on avancer avec une fausse identité ? Avec la non-reconnaissance de l’autre ? A l’origine du développement de la culture, sans culture, sans langue sans expression une société précipite vers sa fin. (Où sont le latin et les Romains ?)
3. Colonialisme
Il est clair que le passé colonial de l’Algérie à des répercussions négatives directes et indirectes sur son présent voire même sur son futur. La France post-de Gaulle reste toujours "ombilicalement" reliée à l’Algérie. L’ingérence et l’intervention dans les affaires internes du pays ainsi que le mutisme vis à vis des atteintes graves aux libertés. Le silence absurde sur les crimes commis envers un peuple affaiblit et livré à son destin. Le terrorisme d’Etat bénit par l’Elysée. Des milliers d’Algériens sont victimes du terrorisme, qui n’est autre qu’une barrière devant la démocratie et l’état de droit, créé pour maintenir le chaos, la déstabilisation et le désordre. La France n’a pas seulement soutenu les vampires au pouvoir, mais elle les a défendus sur la scène mondiale, elle est leur "porte-parole" auprès de l’Union européenne et du fait de cette complicité, des Algériens et des Algériennes meurent chaque jour en s’immolant, en traversant le détroit de Gibraltar ou même la Sicile, les autres subissent en silence en attendant... Des millions de jeunes sont aujourd’hui sans perspectives ni avenir ; demain, ils seront des vieux à la charge de qui ?
Le pays des droits de l’homme, le berceau de la démocratie moderne et de la justice vit comme un élément parasitaire sur un pays dirigé par des corbeaux. N’est-ce pas un déshonneur? L’exploitation n’a donc pas cessé avec la fin de l’occupation. On ignore jusqu’à présent le contenu réel des accords d’Evian, les entreprises françaises ont des privilèges flagrants et la balance Roberval n’a pas eu lieu dans les relations entre les deux pays, d’ailleurs la culture des deux pays souverains indépendants l’un de l’autre est complètement absente, car le climat qui domine est celui d’un professeur et son élève, d’un puissant et d’un faible, d’un colonisateur et d’un colonisé.
4. L’élite ?
Oui, un grand point d’interrogation. C’est quoi une élite ? Y a-t-il une véritable élite en Algérie ? Si l’élite constitue la crème de la société, la couche cultivée, productive, détentrice du savoir et consciente des enjeux politiques, chez nous, elle reste inerte et trop divisée face aux autocrates et usurpateurs qui s’emparent des richesses du pays et le mènent tout droit vers la faillite. L’intérêt personnel passe devant l’intérêt public, on fuit dans les pays occidentaux, on préfère vivre dans le confort. Notre élite accorde rarement une pensée à la patrie, aux aïeux, aux hommes, femmes et enfants otages enfermés dans une prison à ciel ouvert qui s’appelle "Algérie" c’est de la "non-assistance à un peuple en danger" ? Le leadership, le manque de confiance ainsi que la divergence des intérêts sont les problèmes fondamentaux des dissensions qui minent l’élite algérienne. Ici en Algérie on peut tout acheter avec l’argent, et l’élite n’est pas épargnée par cette "déontologie", les ingénieurs, les docteurs les professeurs d’université sont payés pour leur silence, ils propagent l’idée du "tout va bien, vive l’empereur !!!". Pour ce qui est de l’opposition politique, on distingue plusieurs catégories : celle qui constitue la vitrine d’un pays démocratique, autrement dit les partis du et au pouvoir, et l'autre, ceux de l’opposition. C’est le cas de la majorité des partis politiques. Leur existence, pourtant sans effet réel, donne la légitimité au pouvoir.
Opposition islamique radicale et extrémiste infiltré par les éléments du pouvoir
Son rôle est d’éviter à tout prix la démocratie. Ce n’est pas seulement parce que c’est un péché, mais c’est le moyen le plus approprié, le plus concret et le plus pertinent pour démontrer au monde que le régime en place est le garant de la stabilité et sans lui l’Algérie devient l’Iran de l’Afrique du nord.
Opposition démocratique éparpillée, fragilisée taquinée d’infidélité, divisée sur tous les plans. Elle représente les militants des droits de l’homme et les militants de quelques partis politiques avec ou sans agrément. La démocratisation de l’Algérie dépend du développement du sentiment national, du patriotisme, la fierté d’appartenance à une nation unie, ainsi une véritable identité sans ségrégations et sans distinction entre ses composantes culturelles, ethniques, linguistiques ou confessionnelles. C’est utopique de changer les mentalités du jour au lendemain ou bien de se précipiter vers un idéal démocratique sans base fondamentale, celle qui garantit le progrès et l’acheminement du processus démocratique.
Un garde-fou pour éviter les débordements et les pratiques antidémocratiques. Le changement doit commencer du bas vers le haut, la société civile, les partis politiques, l’élite et les organisations non gouvernementales, les journalistes, les avocats les artistes et le simple citoyen doivent s’unir et contribuer à ce changement, ce n’est pas avec une ville polluée, une femme tabassée ou un enfant violé qu’on peut atteindre la démocratie. Les Algériens doivent mettre fin au silence et à l’irresponsabilité, c’est le moment de rassembler la force, l’union et la solidarité pour pousser les despotes à limiter leur autorité.
Les Algériens de l’étranger notamment ceux d’Amérique et d’Europe doivent dénoncer la complicité des hommes politiques occidentaux avec les dictateurs au pouvoir en Algérie. Les peuples civilisés ne doivent pas rester neutre face aux dépassements quotidiens des droits de l’homme ; comment peut-on être indigné par la chasse des rhinocéros en Afrique et neutre ou silencieux quand des milliers de jeunes, traversent la mer clandestinement au péril de leur vie ?
A l’aide des technologies de l’information et de communication (internet, chaînes de télévision et autres), on peut exercer une pression considérable et décisive sur ces autocrates, qui ne sont que des lâches qui comblent un vide délaissé par l’élite, l’opposition à vrai dire par le peuple.
Mohamed Yazzag, jeune universitaire
(1) Une personne qui n’est pas musulmane est appelée ainsi ! Cette personne représente le diable ! Les musulmans doivent se méfier d’elle, car elle est l’ennemie de Dieu et du prophète !