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mardi 21 février 2012

Algérie Express - ELECTIONS : menaces et chantages à blanc.

Algérie Express - ELECTIONS : menaces et chantages à blanc.

POLITIQUE

ELECTIONS : menaces et chantages à blanc.

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MAUVAISTRÈS BIEN
Mercredi 15 février 10 heures au centre de recrutement de l’ANP de Bab el Oued. Des jeunes Algérois, originaires de Kouba et nés en 1982, se présentent pour récupérer la carte militaire les dispensant du service national. L’officier de service les invite à repasser après les élections munis de leur carte d’électeurs.
Ce chantage est récurrent avant chaque scrutin. Les retraités, les anciens moudjahidines ou les simples citoyens ayant une affaire pendante devant l’administration sont toujours approchés par les réseaux occultes du DRS qui les pressent de voter « s’ils veulent avoir la paix ». Au vu de l’insignifiance chronique des taux de participation, la manœuvre n’a jamais été très efficace mais elle a régulièrement précédé toutes les élections. Cette fois, c’est la grosse Berta qui est sortie et, à l’évidence, aucune mesure n’a été négligée : menaces, chantages, bombardements SMS, flash des radios et télés, tout est bon. A quelques heures de la clôture de la campagne des inscriptions, on peut déjà tirer une première estimation des résultats de cette opération et de ce qui va se passer probablement le 10 mai. En Kabylie, sur les 83 municipalités qui ont communiqué leurs chiffres, il y a moins de 1,5 % des citoyens qui se sont inscrits. Ce taux passe à un peu moins de 4 % dans des villes comme Rouiba et Koléa (banlieues est et ouest d’Alger). Avec ces données, les autorités, sachant qu’elles ne peuvent échapper à une désaffection des citoyens, affûtent leur argumentaire et distribuent des éléments de langage à leur agents : « après tout, l’abstention n’est pas propre à l’Algérie », entend-on un peu partout depuis quelques jours. L’abstention est une chose, le désert électoral en est une autre.

samedi 18 février 2012

Algérie : des centaines de villageois en Kabylie brûlent collectivement leurs cartes d'électeurs

Algérie : des centaines de villageois en Kabylie brûlent collectivement leurs cartes d'électeurs
Vendredi, 17 Février 2012 14:46Envoyé spécial : abdou

ALGÉRIE : DES CENTAINES DE VILLAGEOIS EN KABYLIE BRÛLENT COLLECTIVEMENT LEURS CARTES D'ÉLECTEURS


La population de la Kabylie est en colère contre le régime lequel continue à lui parler des élections législatives au lieu de venir en aide aux populations en détresse à cause des récentes intempéries.
Ainsi, selon le site Tout sur l’Algérie, des centaines «villageois de la région d'Iferhounène et d'autres villages, situés dans les régions les plus affectées par la tempête qui a provoqué un véritable drame humain, se sont rassemblés sur la place publique, mercredi 15 et jeudi 16 février, pour brûler, publiquement et collectivement, leurs cartes d'électeur».

«Brûler nos cartes de vote est un message politique en direction de nos gouvernants qui nous ont abandonnés durant la tempête de neige », témoignent de leur côté ces jeunes citoyens pour justifier leur acte de protestation.

Par ailleurs, toujours selon la même source, dans la commune d’Aït Boumahdi, dans la daïra des Ouacifs, à une cinquantaine de kilomètres au sud‑est de la ville de Tizi Ouzou, des citoyens ont chassé une équipe de l'ENTV venue filmer des scènes de distribution de maigres aides alimentaires acheminées par la direction de l'action sociale de la wilaya de Tizi Ouzou.

La Rédaction de NessNews

samedi 11 février 2012

Algérie, langue, identité ou le paradis des mots contre l’enfer des maux - Contributions - El Watan

Algérie, langue, identité ou le paradis des mots contre l’enfer des maux - Contributions - El Watan

Algérie, langue, identité ou le paradis des mots contre l’enfer des maux

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le 11.02.12 | 01h00 Réagissez
   L’identité nationale, un faux débat pour un vrai échec.
zoom | © D. R.
L’identité nationale, un faux débat pour un vrai...

La langue, les langues constituent en Algérie un cocktail explosif, et les amoureux des mots, qui irriguent l’imaginaire et procurent du plaisir, en ont payé le prix.

Les intellectuels et les artistes en Algérie ne meurent pas «naturellement». Rachid Mimouni, Tahar Djaout, Abdelkader Alloula, Sadek Aïssat, Rachid Bey et tant d’autres ont quitté notre monde, assassinés ou bien frappés de maladies qui ne sont pas sans rapport avec l’angoisse, le stress et la solitude, d’autres sont partis en exil, car le ciel si lumineux de leur pays ne les protégeait plus des ténèbres des messagers du malheur. Les causes de cet exil sont multiples.
Pendant la colonisation, on a marginalisé, que dis-je, on a nié les langues du pays. Avec l’indépendance, un enseignement médiocre et le marasme culturel et intellectuel organisé ont freiné l’émergence d’une pépinière d’écrivains en langue nationale. Inventer des histoires et des personnages comme Emma, Julien Sorel ou bien Nedjma, bien de chez nous, suppose un chamboulement politique et culturel qui n’a pas eu lieu.
Enfin, ajoutons à cette litanie des causes la domination de l’Occident, qui impose son modèle culturel comme il fascine avec ses gadgets industriels. Il me semble donc, avec du recul, qu’il faut regarder ailleurs pour comprendre l’existence de cette littérature algérienne en langue française. Cet ailleurs n’est autre que cette nuit opaque qui a enveloppé le pays sous la double pression d’une politique étriquée et de l’intégrisme religieux. On semble oublier qu’une langue maternelle sans souffle poétique et sans vision subversive ne peut produire Nedjma, écrit dans une langue française «violée» par un écrivain exilé à Paris, mais qui a toujours transporté son «algérianité» partout où il a vécu. Il ne vient à l’esprit de personne d’en vouloir à Kateb Yacine d’avoir écrit Nedjma dans la langue de Molière.
Ce genre de reproche et les polémiques fracassantes et violentes (et finalement stériles) quant à l’utilisation de la langue française dans la littérature algérienne se sont évaporés sous la pression de la complexité de la vie. Avec le temps, le complexe du colonisé tend à s’atténuer. On se rend compte que l’identité du pays ne se nourrit pas seulement de la langue. Si jusqu’à aujourd’hui on constate l’absence de grands romans algériens écrits dans la langue arabe, il ne faut s’en prendre ni à la langue arabe ni à la langue de Diderot ou de Voltaire. Il faut tourner son regard vers le passé colonial, mais aussi en direction de cette médiocre politique culturelle au lendemain de l’indépendance du pays.
Car, à la même époque, ailleurs dans le monde arabe, de grandes œuvres étaient produites par les Adonis ou les Mahmoud Darwich, des poètes qui n’avaient aucun complexe avec «la langue de Dieu». Quand des gens en Algérie s’interdisent de puiser dans les langues du pays où fourmillent les noktas (calembours et autres bons mots) et les formules de la poésie populaire, quand ils n’osent pas dire des «gros mots» pour ne pas troubler l’ambiance bigote qui étouffe la société, ces gens ne peuvent pas produire de grandes œuvres. Une langue est certes un outil pour les «communicants» mais elle est aussi et surtout une productrice d’une pensée, de poésies, de connaissances, de plaisirs. Pour ne pas l’avoir compris à cause du contentieux colonial, bien de gens ont confondu la langue de troupiers des Bigeard et autres colonels de la Bataille d’Alger et la (les) langue(s) de Rimbaud, d’Aragon et de Bernard Noël. La langue est une merveilleuse machine pour nous regarder dans un miroir. Elle permet d’exprimer notre «Je» sans pour autant subir la pesanteur du «moi national». Pour cela, il faut éviter et l’enflure du «je» et l’arrogance et chauvinisme national.
En nous réappropriant notre véritable histoire pour savoir d’où l’on parle, on peut plus facilement établir un lien entre la fêlure du «je» et la crise du «moi national» malmené par le tribalisme et le complexe du colonisé. Ce travail-là est nécessaire pour éviter le danger de couper en tranches l’identité nationale, comme si elle était une simple addition de paramètres. Il faut plutôt utiliser l’algèbre pour saisir dans sa complexité le concept en question. Car l’identité en Algérie, comme ailleurs du reste, est un phénomène qui ne peut échapper aux mouvements de la vie, à la rudesse du temps qui passe, bref à l’histoire. C’est pourquoi, j’ai toujours manifesté mon opposition dans des colloques à ceux qui réduisent l’identité du pays à une religion, à une langue ou bien encore à une ethnie, ce qui est proprement scandaleux quand l’histoire est témoin des vagues successives d’envahisseurs ou tout simplement d’immigrés qui se sont enracinés dans le pays et se sont (sang) mêlés à toutes les couches de la société.
Maints exemples dans le monde montrent que des nations à «identité forte» ont intégré des individus venant des quatre coins du monde et ayant des croyances religieuses ou philosophiques différentes et parlant des langues étrangères les unes aux autres. Ces hommes et ces femmes, en vivant sur le même territoire, partagent une langue qui s’enrichit du reste des apports d’autres langues, inventent un mode de vie, des valeurs et sont sensibles à la géographie et aux symboles de l’histoire de leur (nouveau) pays. Enfin, leur unité est sans faille contre un éventuel agresseur ou conquérant.
Ces comportements sont la meilleure façon d’exprimer leur attachement au pays et le désir de participer à son avenir. On est donc loin de cette vision archaïque privilégiant un paramètre de l’identité qui perd de sa pertinence quand il est confronté à la dynamique des facteurs historiques. Et là, je ne peux que m’appuyer sur Edouard Glissant qui affirme que nous sommes entrés dans l’ère de l’identité-relation. Ainsi, pour en finir avec cette vision réductrice de l’identité, disons que les Africains, dont la langue est le français, ne se sentent nullement Français, un Chinois a beau être catholique, il ne sera jamais aussi Italien que Frédérico Fellini, etc. En revanche, ce même Africain, ce même Chinois et ce même Italien peuvent se retrouver dans la même tranchée pour mettre fin à une entreprise criminelle contre l’humanité. Les exemples ne manquent pas durant le siècle des deux guerres mondiales.On a aujourd’hui de douloureuses démonstrations dans des pays qui mettent en avant un aspect de leur identité.
On a l’exemple de la Côte d’Ivoire qui a inventé «l’ivoirité». Un autre exemple plus près de l’Algérie, un pays où un dictateur s’est «amusé» à conserver «l’identité des tribus» pour se maintenir au pouvoir. Cette déchirure tribale entretenue par ce drôle de chef d’Etat, a fourni un prétexte à des puissances étrangères qui tentent de diviser le territoire national et accaparer ensuite la partie l’on sent bon le gaz et le pétrole. Autant les peuples ont, avec raison, défendu leur identité menacée par un colonisateur qui voulait imposer ses valeurs au nom de la «civilisation», autant l’identité-relation, chère à Glissant, est notre avenir, car elle est le produit d’un travail collectif de l’humanité.
A l’heure de cette «créolisation du monde» où cette humanité mesure la distance qui sépare les hommes non en espace-géographie, mais en espace-temps, il est pour le moins léger de construire des murailles de Chine ethnico-religieuses-linguistiques à l’intérieur d’un même pays. Je me souviens d’une interview de Youcef Sebti, qui dénonçait les écrits où les mythes de «l’ethnicité», pour les uns, de la religion, pour d’autres, sont élus comme des vecteurs uniques. Il avait raison de clouer au pilori ceux qui se contentent d’aligner des slogans et des lieux communs, en décrétant une litanie de mots de littérature nationale. Ils oublient simplement que la littérature trouve son bonheur dans une langue maniée avec vigueur et élégance, une langue qui ne cesse de s’enrichir des trouvailles littéraires des écrivains et des apports des langues étrangères.
Rêvons du jour où nos langues nationales belles et vigoureuses nous feront voyager dans l’univers du merveilleux et du complexe. Ce jour-là, on n’aura plus à nous déterminer par rapport à des fantasmes ou des peurs. Ce jour-là on n’aura pas besoin, comme dans la France de Sarkozy, d’organiser et de manipuler un débat sur l’identité nationale pour faire oublier l’échec d’une politique. Le faible d’esprit a toujours tendance à inventer un ennemi pour justifier ses déboires, masquer ses peurs, bref, il lui faut une tête de Turc, un étranger... un immigré pour l’apaiser.
Ali Akika

mercredi 11 janvier 2012

Free Algérie - Algérie 2011 : la mauvaise gouvernance et la corruption menacent la sécurité nationale

Free Algérie - Algérie 2011 : la mauvaise gouvernance et la corruption menacent la sécurité nationale
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Algérie 2011 : la mauvaise gouvernance et la corruption menacent la sécurité nationale

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La corruption à tous les étages de l'Etat gangrène sérieusement le pays.La corruption à tous les étages de l'Etat gangrène sérieusement le pays.
Transparency International dans son rapport du 1er décembre pour l’indice annuel de perception de la corruption rétrograde l’Algérie de sept places. Un indicateur qui prouve la faillite du président et de son exécutif en matière de bonne gouvernance. La suite...
Il convient de se poser la question de savoir si l'on peut continuer dans cette voie hasardeuse, situation qui menace le fondement de l'Etat lui-même et la sécurité nationale. Dans ce cadre, la sphère informelle produit historique de l'extension de la bureaucratie rentière qui tire sa puissance de l'existence même de cette sphère tissant des réseaux diffus de corruption n'est que la traduction de la faiblesse de la démocratisation du système économique et politique, donnant d'ailleurs du pouvoir à ceux qui contrôlent l'information. Transparency International classe l'Algérie parmi les pays qui connaissent un taux de corruption élevé comme en témoigne les 9 derniers rapports de 2002 à 2011 sans aucune amélioration dont le dernier en date celui du 01 décembre 2011. Ainsi les surfacturations et l'utilisation de la distorsion du taux de change permettent la fuite de capitaux (la méthode résiduelle de la Banque mondiale l'évalue à plusieurs dizaines de milliards de dollars entre 1972 -2009, avec d'importants mouvements pour certaines périodes en fonction de la situation politique et socio-économique et des produits hors de la frontière fonction de la distorsion des prix intérieurs et internationaux.
L'intégration de la sphère informelle selon une vision cohérente, dont la délivrance facile des titres de propriété, doit aller de paire avec une participation plus citoyenne de la société civile et devrait favoriser la légitimité de tout Etat du fait qu'elle permettra à la fois de diminuer le poids de la corruption à travers les réseaux diffus et le paiement des impôts directs qui constituent le signe évident d'une plus grande citoyenneté. Quels sont les deux éléments fondamentaux caractérisant le fonctionnement de l'Etat de droit ? Premier élément : la confiance est à la base des échanges : des interviews précises réalisées par De Soto un des plus grand spécialistes dans ce domaine montrent qu'à une question en Suède : "Est-ce que vous faites confiance aux autres Suédois ? La réponse est que 65% des Suédois disent oui, je fais confiance à un autre Suédois". Aux Etats-Unis presque 54% des Américains disent oui, je fais confiance aux autres Nord-Américains. Quand on arrive au Brésil, c'est seulement 8% qui font confiance aux autres Brésiliens. Quand on arrive au Pérou, c'est 6% et les Argentins, entre 1 et 2%. Qu'en est-il en Algérie où le cash prédomine dans toutes les transactions internes ? Dans les pays développés, la carte de crédit donne un droit de transaction alors que dans la plupart des pays en voie de développement est exigé souvent le liquide avec une intermédiation informelle qui traduit la faiblesse de toute politique monétaire interne de l'Etat . Et là, on revient à la confiance. Le deuxième élément est la relation dialectique entre économie de marché, Etat de droit et l'existence des titres de propriété. La question qu'il y a lieu de se poser est la suivante : s'il y a des actifs immatériels et physiques en Algérie, combien de ceux-là ont un titre reconnu par l'Etat ? C'est toute la problématique de la construction de l'économie de marché et d'une manière générale, la construction de l'Etat qui est posée. Là aussi les enquêtes de Hernando De Soto peuvent être des indicateurs importants pour réorienter la politique économique et sociale algérienne. En Egypte, objet d'enquêtes précises de l'auteur pour le gouvernement de ce pays, de la période de Nasser à 2004, les entrepreneurs ont créé quatre millions sept cent mille bâtiments sur des terrains agricoles illégalement. Donc, ces 4 700 000 bâtiments sans titres sont du capital mort bien qu'ils représentent une valeur estimée par l'auteur à 50 milliards de dollars de 2004 sans pouvoir les hypothéquer ni les utiliser comme garantie, sans que les banquiers ne sachent à qui ils peuvent prêter. Cela a des incidences sur la gestion de l'Etat qui ne sait plus planifier les besoins en eau potable, en électricité-gaz, téléphone, conduite d'évacuation et autres prestations de services. Autre élément significatif des enquêtes de l'auteur: combien de temps ça prend si vous voulez acheter les droits, c'est-à-dire la délivrance des titres de propriété. Si vous devez respecter le cheminement de tous les circuits (à cela s'ajoutent la faiblesse de la culture économique et politique du simple citoyen ainsi que l'amoncellement de tous les dossiers en litige au niveau des institutions du pays qui souvent ne sont pas informatisées) l'ensemble des démarches (longs circuits) pour avoir un titre légal prend 17 années en Egypte, 21 ans au Pérou et pour les Philippines 25 ans. Il y a lieu, également, de mesurer le temps pris en moyenne pour éviter la destruction et donc marchander avec la bureaucratie (corruption). Ainsi, un Egyptien passe entre 3 et 6 années de sa vie dans ce marchandage. Il serait intéressant que nos sociologues fassent une enquête pour le cas Algérie.
Aussi, il faut éviter toute vision illusionniste. Réformer le droit de propriété n'est pas une question de registre foncier. Il faut intégrer toutes les procédures, y compris celles du droit coutumier, car existant des codifications au sein de cette sphère informelle. Dans la plupart des pays, ce sont des notables qui établissent des actes non reconnus, certes, par l'Etat, mais qui ont valeur de transaction au sein de cette sphère informelle. On peut émettre l'hypothèse que c'est l'Etat qui est en retard par rapport à la société qui enfante des règles qui lui permettent de fonctionner. En fait, l'importance de cette sphère informelle pose tout un problème politique. Où est la crédibilité d'un Etat qui ne contrôle que 30 à 40% des activités économiques ? Cela n'explique-t-il pas la difficulté de construire un Etat de droit ? Cela ne signifie pas à travers les expériences historiques qu'il ne peut y avoir d'économie de marché sans démocratie. En effet, nous avons assisté à une économie de marché très forte en Amérique latine notamment celle du Chili, venue à travers Pinochet et actuellement en Chine. Il en est de même en Asie à Singapour ou en Corée du Sud. Mais dans la plupart des cas, cela a été l'échec en raison notamment de la corruption généralisée du fait de la faiblesse de contrepoids démocratiques. Aussi la majorité des pays (avec des variantes options libérales ou social-démocrates et régimes présidentiels ou parlementaires) a opté pour des régimes démocratiques, avec une participation plus active de la femme , comme l'Occident, l'Asie récemment la plupart des pays de l'ex camp soviétique et depuis une décennie la plupart des pays Amérique latine, les pays arabes et surtout d'Afrique étant les plus en retard, ( la Chine , étant une exception allant vers une libéralisation progressive maîtrisée). Ainsi je reste persuadé à travers les expériences historiques que la vision autoritaire n'est pas soutenable sans la démocratie. Car avec le temps, et du fait des mutations mondiales, la dynamique socio-économique engendrera de nouvelles forces sociales avec de nouvelles exigences donc plus de liberté et de participation à la gestion de la cité.
Docteur Abderrahmane Mebtoul ex-directeur central des études économiques et Premier conseiller à la Cour des comptes (1980/1983).

mercredi 28 décembre 2011

Algérie : Les islamistes se préparent à prendre le pouvoir avec la bénédiction de Bouteflika | DNA - Dernières nouvelles d'Algérie

Algérie : Les islamistes se préparent à prendre le pouvoir avec la bénédiction de Bouteflika | DNA - Dernières nouvelles d'AlgérieAlgérie : Les islamistes se préparent à prendre le pouvoir Algérie : Les islamistes se préparent à prendre le pouvoir 

Algérie : Les islamistes se préparent à prendre le pouvoir avec la bénédiction de Bouteflika

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L’arrivée au pouvoir des islamistes en Tunisie, au Maroc et en Egypte donne des ailes aux islamistes algériens. Le chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Bouguera Soltani, estime que « la société algérienne veut être gouvernée par les islamistes ». Il appelle les formations politiques et personnalités de cette mouvance à conclure une alliance en prévision des législatives prévues en Algérie en mai 2012. Le meilleur allié des islamistes aura été le président Bouteflika.

« Nous ne sommes pas encore au stade de l'alliance, mais le débat est ouvert avec les islamistes algériens, car nous sommes en devoir, nous islamistes algériens, d'être à la hauteur de attentes de notre société qui veut être gouvernée par les islamistes », a-t-il déclaré lors d'un rassemblement préélectoral dans la wilaya de Bordj Bouararidj, à l’est d’Alger.
Soltani s'y voit déjà
Bouguera Soltani, 57 ans, ancien instituteur d’arabe, considère que la percée historique des islamistes en Tunisie, au Maroc et en Egypte aura « un effet inducteur positif » sur la mouvance islamiste en Algérie.
Ancien ministre de la Pêche, Bouguera Soltani dirige le MSP depuis 2003. Son parti qui forme l’alliance présidentielle avec le FLN et le RND dispose actuellement de 52 sièges à l’assemblée nationale.
Soltani qui demeure sous le coup d’une poursuite judiciaire en Suisse pour tortures présumées sur un journaliste algérien a reçu en novembre dernier le président d’Ennahda, Rached Ghanouchi, en visite de trois jours à Alger.
Ghanouchi et le modèle islamiste
Celui-ci expliquait alors son désir d’exporter l’islamisme version Ennahda qu’il définit ainsi : « C’est un modèle serein qui se démarque de la pratique du terrorisme et du racisme. Notre modèle favorise également l’art et la création et se démarque complètement des appréhensions soulevées ici et là par des démocrates au sujet de l’islamisme politiqueb ».
Ex-candidat à la présidentielle d’avril 2009, Mohamed Said, responsable d'une autre formation islamiste (non encore agréée), le Parti pour la Justice et la liberté (PJL), partage l’optimisme de Soltani quant à l'impact positif que pourraient avoir sur la mouvance islamiste algérienne, les victoires d'islamistes en Tunisie et au Maroc.
Les sociétés arabo-islamiques sont aujourd'hui prêtes
« Je pense que les pays arabes ont essayé toutes les théories politiques, à commencer par le communisme au Soudan, le marxisme au Yemen du Sud, le Baas un peu partout, l'économie libérale; maintenant il ya les mouvements islamistes qu'on voit arriver sur la scène. Je pense que les sociétés arabo-islamiques sont aujourd'hui prêtes à laisser ces mouvements tenter leurs chances », explique samedi 3 décembre devant les militants de son parti, selon les propos rapportés par AP.
Mohamed Said y croit d'autant plus que « les islamistes modérés ont, selon lui, tiré les leçons par rapport à l'échec des tendances salafistes radicales, partisanes des Etats théocratiques » et qu' « aujourd'hui ils sont prêts à partager le pouvoir avec les partis laïques ».
« Nous n'avons pas de souci à nous faire, c'est à nos frères tunisiens et marocains de se référer à notre expérience, de profiter de notre expertise. Chez nous, les islamistes sont présents depuis 1997 dans les assemblées élues et dans le gouvernement », souligne-t-il.
Les islamistes en Algérie, combien de divisions ?
Il est difficile de juger du poids électoral de la mouvance islamiste dans la mesure où tous les scrutins électoraux organisés depuis 1997 ont été faussés par des fraudes massives.
En revanche, ce courant a largement progressé dans la société algérienne et acquis une solide expérience aux seins des institutions.
C'est au milieu des années 1990 que les autorités algériennes ont décidé d’intégrer les islamistes dans le jeu politique pour tenter de les amadouer.
C'est d'autant plus vrai que le pays avait connu deux expériences traumatisantes avec la victoire du FIS (Front islamique du Salut) aux élections locales de juin 1990 et aux législatives de décembre 1991.
Expériences électorales traumatisantes
L'annulation de ce scrutin, décidé par l'armée, avait précipité la démission du président Chadli Bendjedid en janvier 1992, suivie d'une insurrection armée qui a fait plus de 100 000 morts.
Depuis le milieu des années 1990, plusieurs ministres islamistes ont dirigé et dirigent d’importants portefeuilles ministériels. Les ministères des Travaux publics et du Commerce, notamment, sont aujourd'hui pilotés par des ministres du MSP alors que le patron de ce parti a été élevé au rang de ministre d’Etat avant de perdre son statut.
Depuis les législatives d’octobre 1997, les islamistes du MSP ou d’Ennahda disposent de plus d’une cinquantaine de députés à l’assemblée.
Si le chiffre peut paraitre négligeable vu le nombre de sièges à l’APN (389), il ne permet pas moins à ces députés de faire entendre leur voix et parfois faire adopter des lois jugées très conservatrices à l’exemple de celle qui interdisait en 2004 l’importation de l’alcool.
Toutefois, le meilleur VRP des islamistes reste…Bouteflika.
Bouteflika glorifie la révolution islamique en Iran
C’est que le président algérien, aujourd’hui âgé de 74 ans, a multiplié les concessions au profit du courant islamo-conservateur.
Avec le consentement de la hiérarchie militaire qui l'avait imposé en avril 1999, reconduit en 2004 et qui lui a permit de se représenter en 2009 pour un troisième mandat au prix d'une révision de la Constitution.
Réconciliation nationale et amnistie en faveur des terroristes islamistes, libération des activistes condamnés pour terrorisme, construction à Alger de la troisième plus grande mosquée du monde, persécution des chrétiens, violences et actes d’intolérance à l’égard des femmes, Tlemcen capitale de la culture islamique, chasse aux couples, fermetures des bars et débits de boissons…Bouteflika a ainsi grandement contribué à faire le lit des islamistes.
Les concessions de Bouteflika
En mai 2005, il a fait un autre cadeau royal aux islamistes en recevant en audience, au siège de la présidence, l’imam égyptien Al Kardaoui lequel n’a pas manqué d’apporter sa caution à la politique de réconciliation du président.
Et le chef de l’Etat est allé même jusqu’à glorifier la révolution islamique en Iran lors de sa visite en Iran en août 2008.
En se recueillant sur la tombe de l’imam Khomeiny, Bouteflika écrivait ceci : « Tous les actes et paroles de Khomeyni restent une lumière qui guide les hommes épris de justice et qui œuvrent à la répandre entre l’humanité au moment où notre nation musulmane a tant besoin de s’inspirer de ses idéaux qui ont servi et continuent de servir l’Islam ».
Mais le meilleur gage qu’il aura donné à ce courant fut la nomination, entre 2006 et 2008, d’un crypto-islamiste, Abdelaziz Belkhadem, patron du FLN, à la tête du gouvernement.
En mai 2008, après deux années à la tête de l’exécutif, Belkhadem pouvait ainsi décréter « le Coran seule Constitution de la société algérienne ».
Les islamistes n’auraient pas rêvé de meilleurs colporteurs que Belkhadem et Bouteflika.


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